Tout commence en Finistère !

Nous sommes le samedi 28 mars, il y a huit jours Marcelo est arrivé d’Angleterre. Nous profitons de cette première semaine pour faire un bilan chez le dentiste et finir les derniers préparatifs.

Mon départ arrive à grands pas, dans une semaine je devrai dire au revoir à ma famille, mes amis et mes proches ! Avant de partir « officiellement » je voulais que Marcelo découvre mon « pays », la Bretagne, et en profiter pour dire au revoir aux membres de ma famille qui ne peuvent pas se déplacer le 5 avril à Rennes.

Par souci de timing nous embarquons ce matin-là dans un train direction Guingamp. L’idée est de longer la côte nord jusqu’au Cross Corsen considérée comme la pointe la plus à l’ouest de la Bretagne.

Finistère

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Arrivés sur place nous commençons les premiers kilomètres en direction de la côte de granit rose. Il fait doux mais le temps couvert se dégrade très vite. Arrivés à quelques kilomètres de la mer, le crachin breton et le vent se lèvent et deviennent rapidement redoutables.

De mon côté je prends cette situation avec le sourire puisque la Bretagne sans mauvais temps ce n’est pas rigolo. En plus ça me permet de tester en condition réelle mes vêtements de pluie. Par contre ce vent ne me facilite pas la tâche pour m’habituer au chargement complet du vélo. En effet comme vous l’avez peut-être déjà remarqué je voyage relativement léger (environ 25 kg de bagages contre 30 à 60 kg en moyenne sur ce type de périple). J’ai décidé de répartir ce poids de manière à obtenir une bonne répartition des charges. Étant donné que sur un vélo la roue arrière supporte la majorité du poids, l’idée est de placer le poids à l’avant et le volume à l’arrière. La configuration est géniale, surtout dans les montées puisqu’au lieu de tirer la charge on la pousse comme on le ferait avec une brouette. Par contre face au vent, comme ce jour-là, et les bras qui ne sont toujours pas habitués, les bourrasques me bousculent d’un bord à l’autre et me font parfois sortir de ma trajectoire à deux doigts du fossé.

Ce coin est magnifique quand le climat est clément, mais il devient très vite peu sympathique avec ces conditions, en plus la visibilité ne dépasse pas les 50 mètres sur la côte ! Le granit rose se perd dans les nuages gris.

Nous décidons alors de nous retrancher dans les terres et de trouver un lieu plus tranquille pour dormir.

Sur les coups de 18h00, arrivés aux pieds d’une grosse montée nous ne voulons plus avancer pour aujourd’hui. Par chance un petit chemin se dessine sur notre gauche dans une petite forêt. Nous y élirons domiciles pour la nuit.

Trempé, je monte ma tente pour la première fois en condition réelle ! Je me rend compte qu’une sardine manque à l’appel, puis d’un coup j’entends « Craccc ! »… une des coutures a craqué… Je bricole vite fait quelque chose en attendant de la faire réparer.

Enfin je peux m’abriter dans ma tente et prendre mes marques. Sa conception reste tout de même bien pensée. Pour une tente une place j’ai la place de mettre à l’abri toutes mes sacoches et caser mes 1,84 mètres sans problème.

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Au petit matin, le vent et la pluie se font timides, mais au bout de quelques kilomètres le temps de la veille est revenu encore plus fort. Nous avons tout de même deux objectifs dans la journée. Le premier est de rejoindre Quentin et Madita le couple rencontré le même jour que Marcelo l’été dernier. Nous nous sommes déjà revu la semaine passée à Rennes et nous nous étions donné rendez-vous à Morlaix pour boire un café.

Nous avons vraiment du mal à en trouvé un d’ouvert ce dimanche matin ! Celui qu’on trouve à une ambiance terrible pour commencer sa journée. Les piliers de bar étaient déjà présents à 9h30 et le gérant atteint du syndrome de la zapette n’arrivait pas à laisser plus d’une minute ses morceaux de techno des années 90…

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                                                               Dans un café avec Madita et Quentin

Après avoir profité tout de même de se retrouver autour d’un bon café, à 11h00 il est temps de filer vers notre deuxième objectif. À Plougoulm ma tante, mon oncle et ma petite-cousine Clémence nous attendent pour partager un bon repas. Mais il faudra les mériter ! Le vent s’intensifie une nouvelle fois, des rafales nous bousculent nous faisant sortir de la route, je manque de tomber plusieurs fois. Le vent nous inflige une moyenne de 5 à 10 km/h. C’est mentalement et physiquement très difficile d’avancer. Mais enfin, après deux heures d’acharnement nous arrivons à bon port. Nous sommes accueillis par la chaleur de mes oncles et nos vêtements détrempés par leur étendoir à linge !

Bien au sec, nous réfléchissons à la suite de notre voyage. Au début j’avais l’idée de rejoindre le Cross Corsen, cette pointe tout au bout du Finistère. Je me disais « partir du bout du monde pour aller à l’autre bout du monde », mais il fallait se rendre à l’évidence, dans le temps imparti nous ne pouvions pas y aller ou sinon refaire une partie en train pour être à temps à Rennes. Du coup on change les plans et on décide de partir vers Brignogan. Bernard, mon oncle, nous parle du Castel Régis un hôtel abandonné après plusieurs tempêtes. Nous partons donc avec l’idée d’y trouver une « suite » et d’y passer la nuit tranquillement.

Une nouvelle fois il faudra mériter ce lieu. Le vent tellement important stoppe quelques fois complètement nos montures. Mouillés jusqu’aux os, nous découvrons que l’hôtel est bien abandonné et qu’il est super simple d’y pénétrer. Nous sommes surpris de voir l’état de ce lieu très prisé à l’époque, il n’est pas vandalisé par l’homme mais par le déchaînement des éléments. La mer a détruit certains murs, explosé des baies vitrées et inondé certaines pièces. Mais à part ça le Castel Régis est resté relativement intact.

À défaut de trouver une suite, nous nous installons dans la salle à manger. Nous profitons d’anciens matelas pour y poser nos tentes. Nous ne nous sentons pas coupables d’être là, bien au contraire, nous pensons le mériter après toutes les épreuves de la journée.

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Nous tardons à nous lever. Le ciel bleu se fait timide et le vent d’ouest est toujours présent. Ça nous conforte dans l’idée de rejoindre directement Landerneau où nous fêterons mon départ et mon anniversaire avec ceux qui ne peuvent pas se déplacer à Rennes.

Avant nous flânons le long de la côte afin de passer sur les plages de mon enfance. Puis nous rentrons dans les terres direction Landerneau.

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Arrivés là-bas, ma grand-mère nous attends avec largement de quoi nous rassasier (apéros, rôti de porc, kig ha farz …).

Durant ces deux jours de repos et de fête, je profite pour voir de la famille et pour faire des réserves de spécialités bretonnes, ce qui ne déplais pas à Marcelo (du pitilig, le fameux paté Hennaff, du kouign-amann, du cidre, plusieurs mottes de beurre salé …).

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Le 1er avril, jour de mon anniversaire, nous reprenons la route pour rentrer à Rennes. Nous partons direction Le Tréhou pour manger avec mes oncles et mes cousins dans leur exploitation de pomme de terre. Encore un repas très riche, nous voudrions bien rester mais nous devons tout de même avancer !

Le Roc’ Trevezel nous attend. Les conditions sont supers, le vent nous pousse et le soleil fait quelques apparitions.

Le gros des Monts d’Arrée passé, nous rejoignons les belles vallées d’Huelgoat.

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En fin de journée, une grange et une petite maison apparaissent sur le bord d’une petite route. La tentation est trop grande. Nous apercevons les propriétaires, des Anglais comme beaucoup dans ce coin et nous demandons si nous pouvons planter nos tentes sous la grange. Marcelo ajoute que c’est mon anniversaire. En plus d’accepter, ils nous ramènent un sac rempli de bières, de chips , de fruits, de gâteaux et me souhaitent « Happy Birthday ! ».

Le lendemain matin nous prenons un bon petit déjeuner avec nos hôtes et reprenons rapidement la route.

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En fin de journée nous trouvons un endroit parfait pour dormir, une cabane d’observatoire à oiseaux au bord de l’étang de La Hardouinais.

Nous essayons de nous lever tôt pour rejoindre rapidement Rennes afin d’avoir l’après-midi pour les derniers préparatifs du grand départ.

La pluie nous accompagnera tout le long de la matinée et nous arriverons avant midi à bon port mais complètement trempés !

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J-2, le départ n’a jamais été aussi proche !

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Une réflexion sur “Tout commence en Finistère !

  1. Un régal ce tour de Bretagne! Même sous la pluie! Un vrai « tour de chauffe »! On attend la suite avec impatience!
    P.S. : « Un salut à nos amis de bar morlaisiens et à leur goût pour la techno des années 90;-)

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