Suisse – Italie

Mon idée de base était de traverser la Suisse d’ouest en est par la chaîne des Alpes comme me l’avait indiqué Olivier un Suisse parti l’année dernière pour un tour d’Afrique. Mais pas de chance nous nous y trouvons trop tôt dans l’année et la neige tapisse encore les hauts cols Alpins.
Cette première frontière passée me fait prendre conscience que si tout se passe bien je ne reverrais pas la France avant quelques années. Un mélange de peur et d’excitation !

Malheureusement la frontière ne bloque pas la pluie qu’on avait sur l’autre versant. On décide alors de trouver un toit pour mettre nos tentes à l’abri et trouvons l’endroit idéal. Le camping de Trient n’étant toujours pas ouvert nous permet de passer la nuit au sec sous une immense structure où on pourra même faire notre cuisine au feu de bois.
Le lendemain nous partons, toujours dans l’humidité, afin d’attaquer directement le col du Forclaz à 1527 mètres d’altitude. Arrivés au sommet nous pouvons apprécier le paysage de la vallée du Rhône avec une vue plongeante sur Martigny qui se trouve à 14 km en contrebas !

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Quand ce ne sont pas les montées qui nous freinent, le vent prend le relais et nous attaque en pleine face. Nous avons alors du mal à profiter de la douceur de la voie verte du Rhône…

L’approche avec les locaux est assez difficile. Je suis confronté pour la première fois à la barrière de la langue. Bien que la majorité de ceux qui parlent le suisse-allemand parlent français, une autre partie ne comprend pas ou ne veut pas comprendre. Du coup cette nuit nous dormons comme de vrais vagabonds sous un pont !

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Bercés par le courant du fleuve, nous sommes prêts à confronter le lendemain le col du Simplon à 2005 mètres d’altitude.
Avant l’ascension nous chauffons les mollets dans la vallée de Brig. Au pied de la montée nous comprenons tout de suite que ça ne va pas être de la rigolade. L’asphalte est certes de bonne qualité mais les camions nous rasent de près. Pas de problème dans les belles lignes droites mais arrivés au niveau des virages, des ponts et des tunnels, on sert rapidement les fesses ! Après plus de 24 km d’ascension nous voilà enfin arrivés à ces 2005 m d’altitude. Pas le temps de prendre un café, le vent caressant la neige affiche quasi 0°C au compteur. Il est temps de filer vers l’Italie ! Mais quelle surprise, la face sud de la montagne nous offre une pluie diluvienne. Nous passons une seconde frontière complètement trempés !

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Afin de trouver quelque chose de convenable pour la nuit nous poussons jusqu’à Domodossola. L’entrée dans la ville s’annonce bien puisque nous trouvons à l’arrière d’un super marché des poubelles remplies de fruits et de légumes et pour couronner le tout (Italie oblige), des pizzas !
Malheureusement la suite ne sera pas si facile. En Amérique du Sud Marcelo se faisait accueillir sans problème chez les pompiers. Ici ils sont bien sympas, on peut discuter avec eux pendant un petit moment mais sans résultat. Ils nous dirigent tout de même vers un pont où on pourra mettre nos tentes au sec. Vu qu’on ne sait jamais on va voir l’endroit. Bien entendu ce pont offre un toit mais le lieu nous attire pas tant que ça, des détritus tapissent le sol et la rue à côté est très passante. La nuit arrive et nous n’avons toujours rien trouvé…
Pas très loin nous apercevons un cimetière ou plutôt un village mortuaire. Nous n’avons jamais vu un si grand cimetière. Certaines structures qui accueillent un seul défunt font le double voir le triple d’un studio à Paris ! Nous faisons vite le tour et trouvons un endroit bien tranquille.

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D’ici deux jours nous pensons arriver à Milan. La première partie de la route est sympa, nous longeons plusieurs lacs dont celui du Piémontais. Ce lieu très touristique l’été est agréable à vivre en cette période de l’année. En plus pas mal de cyclistes en font le tour, ce qui me donne l’occasion de prendre leurs roues et de les suivre sans me fatiguer à un bon rythme sur plusieurs kilomètres.

Nous arrivons très vite dans l’agglomération Milanaise. Partout nous voyons écrit EXPO, EXPO, EXPO … En effet l’exposition universelle ouvre ses portes ici dans quelques jours.

Sur place, Matteo membre du réseau Warmshowers nous accueille. Initialement nous devions rester 2 jours, mais au final nous resterons en sa compagnie durant 5 jours ! Tant de chose à voir et à connaître.
Pendant cette semaine nous vivons à l’italienne. Le café expresso bien corsé se boit comme du petit lait, nous testons différents types de pâtes (tagliatelles, linguine, rigatoni …), accompagnées de délicieuse sauces (pesto, bolognaise …) et pizzas (margarita, 4 fromages, panzerottis …).

Nous découvrons aussi les différentes passions de Matteo. Il mène plusieurs projets autour du vélo. Avec des amis il a décidé d’ouvrir dans le quartier de San Siro une « ciclofficina », plus connu en France comme atelier participatif. D’un autre côté il fait parti de l’organisation de la Ciemona, une critical mass qui se déroulera le 28 mai. Qu’est-ce qu’une critical mass? Et bien pour l’expliquer il faut déjà la vivre et c’est ce que nous avons fait le jeudi soir. Milan est la seule ville à en faire une hebdomadairement depuis quelques années. Toutes les semaines se rassemblent un nombre de cyclistes important afin de manifester pour les droits du cycliste. L’idée est de circuler à travers la ville et de montrer la présence importante du vélo.

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Après 5 jours de repos nous trouvons enfin la force et le courage de partir. Matteo inconnu il y a quelques jours est maintenant un ami et nous avons beaucoup de mal à nous dire au revoir… Il nous accompagne sur 30 km et nous quitte en chanson accompagné de son ukulélé. Notre air préféré « Ribelli de la montania ».

Quand nous sommes tristes la route sait nous remonter le moral à sa manière et nous offrent des poubelles remplies de fruits, de légumes, de fromages et par chance encore des pizzas !

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Notre objectif maintenant est de rejoindre Venise. Nous traversons alors les plaines du nord de l’Italie.
Arrivés aux alentours de Venise en une fin de journée, nous nous retrouvons coincés dans une zone industrielle. Pour dormir on a soit le choix de dormir en compagnie des nombreuses prostituées de la zone ou bien de payer une nuit dans un camping. Nous sommes à deux doigts de craquer, non pas pour la première option, mais pour le camping. De mon côté payer près de 3 jours de budget me refroidit un peu. Au final on arrive à bivouaquer dans un coin à l’abri des regards.
L’avantage est que le lendemain matin nous sommes assez près de Venise pour prendre notre petit déjeuner sur place. Mais quelle idée d’y aller à vélo ?!? Il y a seulement un pont accessible à bicyclette, ensuite c’est un autre sport pour monter puis descendre les escaliers avec nos vélos chargés de nos sacoches. Tout le monde nous regarde de travers. « Mais que foutent deux cyclistes dans ce labyrinthe !». On apprend par une dame que les vélos y sont interdits. Trop tard nous sommes en plein milieu de la ville et on ne veut pas rebrousser le chemin. Puis je vois un monsieur rentrer dans sa maison et sans réfléchir je lui demande si on peut laisser nos vélos chez lui le temps qu’on fasse un petit tour. Surpris, il n’est pas très partant au début mais change d’avis rapidement et nous laisse deux heures. Parfait ça nous donne le temps de nous perdre dans les petites rues et de visiter quelques lieux incontournables bien trop touristiques à notre goût (Puente di Rialto, Plaza San Marco …). Je ne vais pas vous faire une visite, des guides touristiques l’ont déjà très bien fait à ma place.

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D’après tous les gens qu’on a rencontrés en Italie nous devions visiter la ville des amoureux. Quelques heures nous ont largement suffi, nous pouvons continuer notre route.
A la sortie nous rencontrons Martin, un québecois qui s’est donné 3 mois pour voyager à travers l’Europe entre Dubrovnik et Amsterdam. Nous échangeons nos expériences sur les routes que chacun va suivre. Ce sont ces petites questions qu’on se pose en entrant dans un nouveau pays. Par exemple où trouver de l’eau potable ? En France on en trouve quasiment tout le temps dans les cimetières, en Italie sur les places des villages. Ou avoir un aperçu de l’hospitalité des prochains pays, un itinéraire à suivre plutôt qu’un autre, etc.

Depuis quelques jours nous faisons de plus en plus connaissance avec la faune locale, surtout les reptiles ! Un soir avant de nous coucher nous faisons la rencontre à quelques mètres de la tente avec un serpent noir de taille imposante. Sympa avant d’aller dormir !

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Notre dernière étape avant de quitter l’Italie est la ville de Trieste. Par chance au dernier moment Erin une américaine venue travailler en Europe nous accueille pour deux jours. Ça nous permet de nous reposer en profitant de l’Adriatique et de planifier un minimum nos prochains pays : les Balkans !

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2 réflexions sur “Suisse – Italie

  1. Ça fait plaisir de vous lire! J’attendais ce petit récit avec impatience!;-)
    Quelles étapes! Entre la neige des sommets suisses, les rues inondées de Venise;-) et les reptiles…
    La route est toujours aussi remplies de surprises, ça donne envie:-) heureusement la fin de l’année approche;-) Les mollets frémissent à vous lire!
    Incroyable que les poubelles des supermarchés soient aussi généreuses dans de nombreux cas, enfin tant mieux pour vous;)
    Bonne route à vous les amis, vagabonds de tous horizons!

  2. Merci Gautier pour ces beaux romans et ces belles photos !
    Tu étais dans le plus beau pays du monde !!
    Bonne continuation
    Bon courage
    Des bisous de Coignieres 🙂

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