Les Balkans (1ère partie)

Pour quitter l’Italie et rentrer dans les Balkans nous avons le choix entre deux routes. La première est une nationale au dénivelé peu important recouvert d’un asphalte de bonne qualité. La deuxième est une petite route de montagne au bitume incertain mais sûrement plus tranquille. Pas de doute pour moi la seconde me semble la meilleure. Elle se révèle super-sympa, bien que vallonnée, c’est le type de petite route qu’on n’a quasiment pas eu depuis la France. En effet le nord de l’Italie est très urbanisé et le réseau routier très développé. Quel plaisir de pédaler en pleine nature au plein milieu des montagnes avec quasiment aucune voiture pour nous gêner !
En plus de ça ce jour est assez spécial puisqu’en 24h nous avons été dans 3 pays différents. Le petit déjeuner en Italie, le midi en Slovénie, le repas en Croatie. Tout ça en à peine 50 km.
Nous passons la première nuit en Croatie en pleine nature, dans un silence brisé seulement par le bruit de fond des animaux.

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Etant un pays en dehors de l’Union Européenne et de la zone Euro nous devons changer notre monnaie contre des Kunas. Malheureusement contrairement à ce qu’on pensait la nourriture n’est pas moins cher. En effet la TVA au taux normal s’élève à 25%. En plus de ça par chance ou par malchance les supermarchés jettent beaucoup moins de nourriture et quand ils le font des grilles nous coupent souvent le passage.
La côte étant très touristique, l’accueil chez l’habitant est assez difficile. Mais nous prenons ce souci à l’avantage en profitant du confort des campings toujours pas ouvert en cette saison !

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Le littoral croate est bien joli mais j’ai envie de connaître un peu plus le centre par les montagnes et éviter au maximum les zones touristiques. Cependant nous nous laissons quand même tenter par les chutes des lacs de Plitvicka. Pour s’y rendre pas de soucis. Si vous n’avez pas de carte il suffit de suivre les nombreux autobus touristiques qui s’y rendent. À vélo la tâche est moins facile puisqu’il faut gravir les quelques montagnes en chemin en plein cagnard ! Mais en prenant notre temps de belles surprises s’offrent à nous. Par exemple à la fin d’une montée éprouvante nous tombons sur un lieu singulier : un Free Camp. Intrigués nous décidons d’y entrer. Sur la petite cabane à l’entrée est laissé un mot par Alex le propriétaire du terrain (photo ci-dessous). Pour résumer il offre sa parcelle pour tout voyageur de passage. L’eau et l’électricité sont mis à disposition ainsi que les sanitaires. La cabane (fermée) est tapissée à l’intérieur de mots laissés par un grand nombre de voyageurs. Nous aurions adoré rencontrer ce fameux Alex, mais nous n’en aurons pas la chance. Toutefois avant que la nuit ne tombe une Canadienne et une Allemande voyageant dans le coin se joignent à nous.

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Le lendemain direction le parc de Plitvicka. Quelques kilomètres avant l’arrivée nous décidons de prendre un chemin de traverse afin d’éviter l’entrée principale. En poussant un petit peu et en empruntant des anciennes routes où la nature a repris ses droits nous arrivons à rentrer dans le parc sans passer par la caisse. Pour être discret nous décidons de camoufler nos vélos dans la forêt et d’y faire le tour à pied. Venise nous a servi de leçon !
Bien que touristique le lieu est agréable à visiter. Les cascades sont magnifiques mais le plus impressionnant est la clarté de l’eau. Nous pouvons admirer les poissons par milliers à plusieurs mètres de prodondeur.

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Nous en profitons jusqu’en milieu d’après-midi puis repartons dans les montagnes. Les quelques mots que j’ai noté en croate m’aident pour nous faire comprendre par les locaux mais nous ne suffisent pas pour nous faire accueillir. Au mieux on se voit offrir un bout de jardin au plus loin de la maison.
Nous nous remontons le moral avec les paysages magnifiques, même sous la pluie. La guerre qui a sévi il y a de ça maintenant plus de 20 ans laisse toujours apparentes ses cicatrices. De nombreuses maisons sont laissées à l’abandon avec leurs façades joncées d’impacts de balle ou de murs détruits par des tanks. Parfois c’est à se poser la question si certains cratères sont naturels ou causés par l’homme ? Le camping sauvage peut se révéler très dangereux dans cette région à cause de nombreuses zones encore minées. Sur certaines portions il ne faut pas s’amuser à sortir des sentiers battus.

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Pour la première fois du voyage Marcelo et moi faisons route à part pendant une journée. En effet nous avons emprunté une piste de montagne sinueuse sans bitume durant une vingtaine de kilomètres. Passage assez technique avec toutes les sacoches. De mon côté pas de problèmes j’adore ce type de chemin, par contre Marcelo n’étant pas agile en off-road est obligé de pousser son vélo… Quelques kilomètres avant le passage du col je décide de l’attendre. Un quart d’heure… une demi-heure… une heure… Au bout d’une heure et demie je décide de laisser un mot et de continuer ma route. Sur ce chemin toute la journée les seules voitures croisées ont des plaques d’immatriculation allemande. J’apprendrai pas la suite que dans ces paysages préservés ont été tournés plusieurs Western dont Winnetou pour ce qui connaissent. De l’autre côté de la montagne, alors que je savourais la descente après plusieurs heures d’ascension je croise un couple de cyclovoyageurs. Ce sont deux Français Pierre & Julia partis il y a quelques mois de Turquie afin de rejoindre la France. Nous échangeons sur la route qu’on va suivre chacun et entre autres que l’accueil chez l’habitant n’est pas chose aisée en Croatie… quelle mauvaise langue ! Le soir même (avec quand même un peu de difficulté) une famille me laisse dormir à l’abri de leur garage afin de me protéger de l’orage qui gronde au loin. İls m’invitent par la suite à partager l’apéritif suivi d’un copieux repas ! Ça me permet de leur poser pas mal de questions sur leur histoire et sur l’Histoire de leur pays. Durant la guerre du début des années 1990 ils ont dû fuir leur vıllage pendant 4 ans pour se réfugier à Zadar. À leur retour leur maison était réduite en cendres et ont du tout recommencer à zéro.

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Le lendemain matin je reçois un mail de Marcelo pour me dire qu’il est sur la route direction Vodice où nous attend la famille d’un ami. Erwann me parlait souvent de ses oncles habitant en Croatie au bord de la mer. Marcelo ayant dormi dehors cette nuit et réveillé par un animal avait pris la route tôt ce matin. Quand je suis arrivé il m’attendait tout propre et avec un grand sourire. En effet nos hôtes louent en période estivale des studios dans leur maison et nous ont offert pour nous toutes les commodités. En plus de cela ils sont tous très gentils.Comme la famille de la veille on sent une unité et un esprit de famille très fort. Est-ce l’influence de la culture méditerranéenne ou le fait qu’une guerre a essayé de les séparer ?
Pendant deux jours nous profitons de cet endroit encore très tranquille en cette période de l’année avant l’arrivée massive des touristes.

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Pendant cette pause je me fais une réflexion assez troublante pour moi. En effet je me trouve dans un endroit certes très beau et très différent de chez moi, mais je ne me sens pas émerveillé, je me sens juste à ma place. Marcelo avait essayé de me l’expliquer au début mais je n’en avais pas pris tout le sens, j’avais l’impression de parler avec un voyageur blasé. Je m’explique. Voilà maintenant plus d’un mois que je voyage et chacun de mes kilomètres parcourus je les ai senti, je les ai vu, je les ai vécu. Mon esprit et mon corps ont voyagé ensemble pour arriver jusque-là. Au contraire, quand on part en vacances en avion ou autres transports à grande vitesse, notre corps se déplace bel et bien mais l’esprit peut prendre du temps à arriver. Le choc des cultures est alors beaucoup plus important.
Voilà pour moi la différence entre voyage au long cours et vacances. Le voyage devient un mode de vie.

Nous reprenons la route cette fois-ci en longeant la côte direction dans quelques jours le Monténégro !
Les journées commencent à devenir sérieusement chaudes. Le soleil se lève à 5h30 du matin, il fait donc déjà bien clair à 4h30. Pour ne pas brûler sur place et éviter les grosses chaleurs de l’aprés-midi il faut changer notre rythme. Vivement le changement d’heure en Bulgarie !
Sur cette portion nous croisons pas mal de voyageurs à vélo, parfois jusqu’à 4 groupes différents par jour !
Je savais que le passage de certaines frontières pouvait être difficile, mais je ne pensais pas si tôt ! En effet afin d’accéder à Dubrovnik (toujours la Croatie) il faut passer à peine 10 km de littoral que s’est offert la Bosnie. Pour moins d’une heure à passer dans le pays, un douanier nous a tenu la grappe pendant 20 minutes pour savoir si nous avions de la drogue sur nous. Quel accueil ! Le passage de nouveau en Croatie quelques kilomètres plus loin est beaucoup plus sympathique et sans contrôle.

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A Dubrovnik nous faisons la rencontre avec un couple de motards français. On croise beaucoup de moto sur la route, l’occasion pour nous d’échanger sur nos modes de voyage. Notre espace-temps est complètement différent ! İls sont partis il y a moins d’une semaine de Paris alors que moi ça fait déja un mois et demi. Quand ils me parlent de petites étapes, c’est de 600 km à la journée… Leur retour à Paris est prévu pour dans à peine une semaine en faisant un crochet en İtalie. On vit vraiment dans deux mondes différents.

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Les derniers jours nous avançons à un bon rythme, entre 100 et 130 km par jour, ça nous permet d’arriver une journée en avance chez Marco un hôte Warmshowers. Je ne sais pas si le terme « douche chaude » est vraiment approprié ici… Sauf si on arrive assez tôt et que le tuyau d’arrosage est toujours exposé au soleil. Mais l’endroit reste sympathique même si on doit dormir sous le toit de nos tentes. La vue est magnifique. Du haut de la montagne, nous pouvons en voir ses pieds plonger dans l’Adriatique. Marko, canadien et aux alentours des 70 ans, ne voyage ni à vélo ni d’une autre manière physique. Sa façon de découvrir le monde est en accueillant des voyageurs de passages venus des quatre coins de la planète via les réseaux Warmshowers et Couchsurfing. D’après lui il a accueilli entre 1000 et 2000 personnes.

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Après deux jours de pause, nous voilà fin prêt pour rejoindre le Monténégro !

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