Turquie (1ère partie)

Comme nous l’avions fait entre l’Italie et la Croatie nous nous réveillerons cette fois-ci en Bulgarie, déjeunons en Grèce et bivouaquons en Turquie. Nous avions fait le choix de traverser la Bulgarie plutôt que la Grèce puisqu’il fallait faire le choix entre les deux mais surtout parce qu’on avait seulement la carte de la Bulgarie…

L’entrée en Turquie est marquée par deux couleurs. Le rouge turc accompagné de son croissant de lune qui se trouvent partout et le vert des militaires massivement présents à la frontière. On nous fait ouvrir les sacoches mais par chance nous n’avons pas à les vider.

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Au bout de quelques kilomètres nous arrivons à Edirne. L’Europe fini officiellement après Istanbul une fois le Bosphore passé, mais nous avons déjà l’impression d’en être loin. Dans les rues c’est la loi du plus fort pour savoir qui a la priorité. Il faut donc jouer des coudes pour ne pas se laisser intimider par les nombreux autobus.

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Dans les différentes histoires et récits de voyageurs, j’ai toujours entendu qu’en Turquie il était aisé de dormir dans les stations essence. En effet ici elles vivent quasi 24h/24h et on peut facilement demander de poser sa tente dans un coin. Sortis de la ville nous choisissons la première qui s’offre à nous… Non, en réalité je sors de quelques jours malade et j’ai du mal à remettre la machine en marche et en cette fin de journée une énorme montée se dresse devant nous précédée d’un panneau « attention 10% ». Je n’en peux plus et je vois cette station-service Shell. En discutant avec un employé il nous dit qu’il n’y a pas de problème et demande si quelqu’un nous a envoyé ici. En effet Eden le gérant est un grand fan de voyage à vélo et souhaite développer un concept de « gas station/camping ». Il a même un livre d’or pour les cyclos voyageurs de passage. Déjà plusieurs Français sont passés par là. Les derniers datent d’il y a seulement quelques jours.

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Le lendemain après un bon petit déjeuner qui me remet d’aplomb, nous partons affronter la terrible route jusqu’à Istanbul. J’en avais déjà entendu parler. C’est une ligne droite de plus de 200 km traversant des étendus à perte de vu de champs dans des montées et descentes interminables qui se suivent les unes après les autres. En plus de ça c’est une deux fois deux voies et toute la journée le bruit des voitures sifflent dans nos oreilles. Heureusement la route est de bonne qualité et nous pouvons rouler tranquillement dans la large bande de sécurité.
Le chemin est tout de même ponctué par de bons moments. Alors que je me disais que ça serait sympa de trouver un drapeau turc, au bout de 10 minutes j’en trouve un dans le fossé. Je l’accroche à l’arrière de mon vélo. Je n’ai même pas fait 2 kilomètres qu’une camionnette me dépasse et ralentit aussitôt pour me tendre par la fenêtre un Ice-Tea tout frais.
Le soir le pouvoir du drapeau ne nous ouvre pas tout de suite les portes mais nous faisons tout de même une belle rencontre. Des jeunes nous prennent en sympathie. Nous pouvons poser les tentes sur un terrain d’activités sportives. Jouons au volley, prenons l’apéro et au final nous sommes invités à partager le repas chez eux.

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La dernière journée jusqu’à Istanbul est usante. Le bruit continuel des voitures fait saigner les oreilles. Plus on s’approche plus le trafic est dense et la bande d’arrêt d’urgence rétrécit jusqu’à parfois complètement disparaître. On sert vraiment les fesses et prions à chaque fois que les voitures nous ne rentrent pas dedans.
Pour comprendre comment est l’arrivée à Istanbul il faut le vivre. Les mots ne suffisent pas pour décrire l’irréalité d’y rouler à vélo. Le périph’ parisien n’est rien à côté de ça. Je le déconseillerai à quiconque mais c’est une bonne expérience à vivre (après coup bien sûr…).
A un moment dans le flot continue des voitures nous apercevons un Belge à vélo. Il était sur nos traces depuis deux jours. Il était passé seulement une heure après nous à la station essence d’Edirne. Il a pour objectif de rejoindre la Géorgie.
Arrivés à Istanbul nous prenons enfin le temps de faire une vraie pause. Près de trois semaines et demie. Nous sommes accueillis par trois différents Warmshoweurs. Berkail en colocation avec ses cousins, un chic type qui vit dans un autre espace-temps. Son calme et sa lenteur sont un contraste énorme avec le rythme de cette mégapole. Puis il y a Dilek, éclatante et énergétique, elle veut avoir l’image d’une Turque moderne loin de l’influence de l’éducation musulmane qu’elle a reçu. Et enfin Barış, discret mais au grand cœur, un grand rêveur d’aventure lointaine.

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Ces trois hôtes amoureux eux aussi de la petite reine nous aurons permis chacun à leur manière de nous faire découvrir la ville. Les rues, les monuments, la nourriture… Oui cette nourriture, moteur important dans mon voyage. Plus qu’un apport en énergie, dont nous cyclos avons besoin physiquement, c’est pour moi un élément mental très important. Une nourriture fade est synonyme d’une journée fade. La cuisine turque est un carrefour entre l’Europe, l’Asie et le Moyenne-Orient. Ces pâtisseries sucrées qui font éclater les papilles comme le Baklava et le Künefe, ou salées comme le Börek. Le Kebab, pas forcément bon pour la santé, mais qui se mange sans modération au poulet pour parfois seulement 0,50 € et au boeuf quand le budget le permet. Le Lahmacun, tout dans la finesse c’est une pâte en forme de pizza recouverte de viande et de légumes finement découpés. L’Ayran n’est jamais très loin pour accompagner le tout, un mélange rafraîchissant de yahourt et d’eau avec une pointe sel. Pour le plein d’énergie le matin, du bon pain (Simit par expemple) qu’on trempe dans un mélange de Tahini, crème de sésame riche en protéines mélanger avec un sirop de raisin appelé Pekmez , riche en glucose et fructose. Sans oublier le « tchaïe », ce thé bien sucré offert partout et à tout temps. Je pourrais encore vous faire une longue liste mais voilà une partie la nourriture qui faisait mon bonheur quotidien en Turquie.

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Chacun de nos hôtes nous disait qu’on pouvait rester le temps qu’on voulait chez eux. Je vous laisse imaginer ce que c’est de recevoir deux voyageurs à vélo, parfois dans des petits appartements. Par respect pour leur privacité nous essayions de ne pas rester plus d’une semaine à chaque fois. Mais l’occasion a fait nous rejoindre tous ensemble afin de partager une bonne soirée et de les mettre en connexion.

Depuis la France Thomas de Yolotour.fr, un voyageur à vélo autour du monde était sur la même route que nous. Parfois à quelques jours d’écart. On se dépassait mais sans se croiser. Au final nous le retrouvons accompagné de son frère Lucas qui finit son voyage à Istanbul après 6 mois passés ensemble. Thomas à pour projet maintenant de rejoindre l’Asie.
Etant donné que nous allions suivre le même itinéraire jusqu’au centre de la Turquie nous décidons de faire route ensemble pendant quelques semaines.
Sur le départ, Dilek décide de nous accompagner pendant quelques jours. Un atout féminin très important dans le groupe, de plus qu’elle parle turc. En pleine période du ramadan ça nous permettra d’ouvrir des portes plus facilement et de partager de bons moments.
Quitter Istanbul signifie quitter le continent européen. À vélo le seul moyen est de prendre un bateau pour traverser le Bosphore puisque le pont est interdit aux véhicules sans moteur. Tandis que Dilek et Thomas (qui a déjà traversé une fois le pont escorté de la police) prennent le bateau, Marcelo et moi décidons de tenter le coup. A l’arrivée on voit plusieurs patrouilles de police qui contrôlent les entrées. Je ne sais pas si on peut encore appeler ça de la chance mais au moment où nous entrons sur la route un accident se produit dans le sens inverse. Dans la confusion tous les policiers s’y rendent et nous pouvons traverser le pont sans être embêtés !

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Arrivé sur l’autre rive, l’Asie donc, direction le nord le temps de faire un petit crochet par la mer Noire et nous partons ensuite vers le sud pour rejoindre le centre du pays. La Turquie est très montagneuse, les paysages sont sûrement à couper le souffle mais les montées s’en chargent déjà. Le relief est très escarpé et le dénivelé parfois à bien plus de 10% font mal aux mollets et sont très dangereux dans les descentes. Pour la première fois du voyage je fais une chute perdant le contrôle de mon vélo dans un virage gravillonné. Plus de peur que de mal, mon vélo et moins sortons indemnes seulement marqués de quelques écorchures.

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Ces jours-ci mon cerveau pratique une gymnastique très intéressante. Je parle depuis le début de mon voyage seulement castillan (espagnol) avec Marcelo. L’arrivée de Thomas me fait basculer au français. Avec Dilek nous parlons anglais. Et quand je dois parler avec les locaux je m’éforce à sortir quelques mots en turc. Je vous laisse imaginer quelques fois les confusions !
La Turquie ce sont parfois ces rencontres inattendues. Alors que nous nous arrêtions pour acheter du pain, une dame habitant au-dessus de la boulangerie nous propose d’accompagner notre achat de fromage et de tomate. Affamés nous acceptons. Dix minutes plus tard elle descend avec un plateau remplie de nourriture (légumes, fromages, oeufs, olives… Le boulanger nous fait accompagner le tout avec le fameux thé turc. Nous ne savons pas comment remercier cet élan de générosité. La dame nous répond qu’il n’y a rien de mieux que de nourrir des gens qui ont faim.

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La suite de la Turquie promet encore de belles aventures …

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