Israël / Palestine 1

Avant de commencer l’article sur l’Israël et le territoire Palestinien je tiens à préciser une chose. Je vais vous faire le récit du voyage que j’ai vécu, vu et entendu. La situation est bien trop compliquée pour prendre position d’un côté ou de l’autre. De mon point de vue ce n’est pas comme ça que les conflits se régleront. Je me sens juste chanceux d’avoir pu partager des moments et parfois de longues conversations de chaque côté du mur.
Cet article se divisera en deux parties. L’idée de départ était de traverser le pays en une dizaine de jours, on y est resté plus d’un mois ! Tellement d’histoires et d’Histoires dans cette partie du globe qu’il aurait été dommage de zapper.

Revenons au récit !

Trente heures après notre départ de Chypre, nous pouvons apercevoir dans la nuit les premières lueurs des côtes Israéliennes. Dans la nuit, pendant deux longues heures, notre capitaine Oded est questionné par radio sur l’identité de chacun des passagers. Comment expliquer simplement qu’il y a deux membres en plus dans la crew-list de départ. Qui plus sont des voyageurs à vélo étrangers.
À 5h30 je me fais réveiller par les projecteurs surpuissants de la Israeli Navy. Ils font pendant vingt minutes le tour du bateau, la lumière braquée sur nous. Bienvenue !
Avant de rejoindre la marina d’Ashdod nous devons descendre plus au sud à Ashkelon pour effectuer les procédures de sécurité. Ce port est situé à seulement quinze kilomètres de Gaza…
Un comité d’accueil nous attendait. Des agents de sécurité fouillent de fond en comble le voilier. Delà suit un interrogatoire poussé pour moi et Marcelo. L’agent en charge des opérations est Argentin. Il parle naturellement l’espagnol pour Marcelo. En plus de l’hébreu et de l’anglais, il échange avec moi dans un excellent français. Je ne sais pas si la sympathie fait partie de leur technique d’investigation, mais chacun d’entre eux a le sourire et les choses se passent sans anicroche.
Bon par contre il faut être patient, nous devons chacun notre tour vider l’intégralité de nos sacoches. Jusqu’à déplier la tente et ouvrir nos paires de chaussettes ! Je ne sais pas si vous pouvez vous imaginer l’inconfort de la situation. Ce n’est pas seulement vider nos bagages mais notre petit monde à nous. Ça revient à déballer sa vie privée face à des inconnus…

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Pendant la traversée, Oded nous avait dit que si on avait de la drogue en notre possession il fallait la consommer avant d’y arriver. Nous n’en avions pas mais les filles avaient de l’herbe. Pendant tout le trajet elles se sont empressées de finir leur stock. Au final ce n’est pas ça qu’ils recherchent. Ce sont toutes traces d’explosif qui les intéressent. Ils ont même en leur possession une machine pour le test de résidus.
Toutes ces formalités finies, nous nous dirigeons vers le bureau des douanes. La seconde étape commence… Les deux services ne sont pas en relation et les questions recommencent. De mon côté je m’assure qu’ils aient bien compris qu’on ne veut pas voir figurer le tampon israélien dans nos passeports. En effet Israël n’est pas reconnu par tous les États, dont le Soudan pays se trouvant sur notre itinéraire. Une seule trace de notre passage en Israël et c’est refus d’entrée assuré.
Finalement après six heures (oui 6h !) de procédures diverses et variées nous obtenons notre visa de 3 mois sur une feuille volante et sommes libres de circuler sur le territoire. Ça commence bien.
Nous ne cessons de remercier Oded qui a réussi à garder son calme dans une situation qu’il déteste. En plus de ça, il a tout de même pris un risque en nous prenant sur son bateau. En effet nous apprenons qu’il y a quelques mois un Français avait fait son arrivée par voilier comme nous. Il avait cependant une petite différence. Son casier judiciaire n’était pas vierge et l’entrée lui a été interdite. Le capitaine a dû faire machine arrière et le ramener à son point de départ.
Merci Oded !

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Encore une heure à naviguer avant de rejoindre son port d’attache. Arrivés à Ashkelon nous devons nous séparer. Roy vit dans la marina sur son propre voilier. Oded et les filles habitent à 90 km au nord. Nous sommes invités à les rejoindre d’ici quelques jours. Avant ça nous allons faire une pause à Tel Aviv. Nous avons besoin d’y passer pour des raisons administratives. Dana, la sœur d’Ofek nous accueille gentiment avec sa colocataire Hagar.
Les quarante kilomètres jusqu’à la ville nous font longer sur la dernière partie la côte méditerranéenne. Quel melting-pot ! De Rabbi Jacob aux minis-jupes. Nous sommes étonnés par le mode de vie extrêmement européen des lieux. Le soir en sortant dans un bar/club avec nos hôtes nous avons l’impression de se retrouver à Paris… non en plus chaud… disons Madrid ! L’image qu’on pouvait avoir du pays est déjà complètement bouleversée. Loin des tensions et de la terreur qu’on peut entendre dans les médias.
Ici et pendant un petit temps par la suite, il faudra s’habituer aux semaines qui commencent le dimanche et aux week-end vendredi-samedi.
Pendant deux jours nous profitons de nos temps libres pour faire un tour dans Tel-Aviv et goûter à la mer Méditerranée Orientale. On est en août, la température extérieur affiche 35°C mais il ne faut pas oublier le taux d’humidité qui nous cloue sur place… L’idée d’aller se rafraîchir dans la mer est à oublier. Avez-vous déjà eu la sensation de transpirer dans l’eau ? Aujourd’hui, moi oui. Nous en profitons même pas et y sortons très vite.

Nous sommes déconcertés par les prix affichés en supermarché ou autres. Ils sont en moyennes 1,5 voire 2 fois plus élevés qu’en France. Je ne vous raconte pas combien coûte une bière… C’est un sport de riche de s’enivrer ici ! Le porte-monnaie en prend un coup. Surtout qu’aux bars et restaurants il ne faut pas oublier de verser un pourboire. Au début on trouvait nos amis très généreux mais en fait c’est la règle. Le service n’est pas compté dans la note. En règle général il faut ajouter 10 à 12 % du total.

On y échappe pas, ici et dans tout le pays chacun connaît le meilleur hummus, shakshuka, falafel, tahini… à vrai dire on apprécie énormément d’y goûter. Le plus curieux, et ils l’admettent au bout d’un moment, est que la majorité de ces plats sont d’origines arabes qu’ils ont intégrées dans leur culture. De la même façon qu’ils utilisent dans leur langue de nombreux mots à leurs voisins. Par exemple on entend à longueur de journée « sababa » qui signifie « ok », « tout va bien »… Certains sont très proches comme nuit, « laila » en hébreu et « leila » en arabe.

Il est temps de reprendre les vélos pour rejoindre nos amis du voilier. À Hoffit nous sommes accueillis comme des membres de la famille par Oded, sa femme Iris, Ofec et sa sœur Sharar. Ils habitent dans un Yeshuv, ce sont ces colonies qui se sont installées partout sur le territoire. Aux allures de banlieue américaine entourée de barbelées où l’entrée est contrôlée.
Pendant une semaine nous passons du bon temps. La bonne nourriture ravie nos papilles. L’ice-coffee (multi)quotidien nous rafraîchit et nous donne suffisamment de peps pour nous faire sortir de l’air climatisé de la maison pour « entrer » dans la fournaise extérieure.
En fin de journée, avant que la nuit ne tombe, la plage est le meilleur endroit pour dépenser notre énergie. Qui l’eût cru ? Ici c’est un spot de surf, les vagues sont calmes en cette saison mais il y a quand même de quoi s’amuser. L’été, des familles ou des amis installent le long de la plage des tentes où il fait bon de se poser et de profiter du moment présent.

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La vie ici en Israël semble plus « peace & love » qu’en guerre. La tranquillité des lieux est tout de même parfois interrompue par le passage d’avions ou d’hélicoptères militaires. Et puis c’est troublant de voir tous ces jeunes se balader en tenue militaire. Ils ont à peine atteint leur majorité quand ils sont envoyés loin de chez eux pour plusieurs années. Il n’est pas rare de voir sur leur Facebook des selfies avec un large sourire sur un char ou même un avion de chasse. Leur sac à dos flashy d’écolier contraste avec leur tenue camo. Sans oublier l’accessoire indispensable, la mitraillette à l’épaule.
Nous rencontrons beaucoup de ces jeunes revenus il y a peu de leur service. À vrai dire chaque personne rencontrée est passée par là. Ce sujet n’est pas au centre de la conversation mais parfois il nous arrive d’en discuter. En général ils ont l’air content de leur expérience qui a été dure parfois mais enrichissante. Passage à l’âge adulte accéléré, leur caractère a dû bien changer mais j’ai peur que leur esprit a parfois été changé ou modelé.

À chaque fois ils me demandent si je vais aller à l’université après mon voyage. Quand je leur dis que j’ai déjà fini mes études supérieures ils sont étonnés. En effet nous avons parfois le même âge mais le déroulement de leur vie de jeunes adultes est bien différent.
À la sortie du lycée ils rejoignent généralement les rangs de l’armée. Au bout de deux, trois ou cinq ans, afin de décompresser ils partent voyager à l’autre bout du monde. Leurs destinations préférées l’Inde et l’Amérique du Sud. À leur retour vers 23-25 ans ils continuent leur cursus scolaire à l’université avant de rentrer dans la vie active aux alentours de 30 ans.

Le simple fait d’évoquer le mot Palestine change quelque chose dans leurs yeux. Quand nous évoquons l’idée de se rendre à Jérusalem par le territoire Palestinien les regards s’assombrissent. Ils ne comprennent pas pourquoi nous ne voulons pas prendre la route normale, celle qu’ils empruntent. Le chemin est plus long mais plat.
À peine 15 kilomètres à vol d’oiseau plus loin se trouvent les montagnes Palestiniennes. Sur les cartes nous voyons plusieurs chemins d’accès, mais seul certaines entrées sont ouvertes. Nous avons beau demander autour de nous par quel poste nous pouvons passer, personne ne sait nous répondre exactement. Ça nous semble une folie d’entendre ça alors que certains vivent là depuis toujours et qu’ils n’en savent rien. Que ce soit les jeunes ou les plus âgés. En fait on se rend compte qu’ils ne connaissent pas la situation de l’autre côté. L’armée les conditionne, ils en ont peur et n’en savent rien. Ils préfèrent ne pas y penser. C’est plus simple de vivre ainsi. On nous conseille même parfois de prendre une arme avec nous. Ils ont l’air terrifié de nous voir partir dans cette direction ou tout au moins ils ne comprennent pas. Nous au contraire nous sommes très curieux. Nous savons que nous avons la possibilité de passer de l’autre côté. Si le danger avait été réel on nous barrerait la route.

Nous partons donc un bon matin avant que le soleil nous tombe dessus vers le West Bank (c’est comme ça qu’ils nomment la Cisjordanie, région Palestinienne). Il nous faut à peine plus d’une heure pour arriver au pied de ce mur gris de cinq mètres de haut. Pour l’histoire, Israël entame sa construction en 2000 à la suite d’une seconde « Intifada » (soulèvement en arabe). Côté humain les pertes sont de plus de 4400 Palestiniens contre 1000 Israéliens. La différence de moyens militaires se fait à chaque fois ressentir dans les chiffres. Pas étonnant quand il s’agit de jets de pierres face à des armes lourdes…

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Nous tentons une première approche à un poste tenu par l’armée Israélienne. Deux jeunes s’y trouvent, armés et protégés de la tête aux pieds. Surpris quand l’un commence à me parler français. Il est en fait Marseillais et est venu de l’autre côté de la Méditerranées pour passer son service militaire. Il avait peur de s’ennuyer en France. Ici il n’a pas l’air en tout cas. Son fusil et son visage marqués de diverses expériences le prouvent. L’entrée nous est au final refuser, il nous assure que c’est trop dangereux et qu’il y a des arrestations fréquentes dans le coin. Il nous dit d’aller au prochain poste.
Après tours et détours, nous y arrivons enfin. Nous avons tous les deux une petite boule au ventre. Cette Palestine qui terrifie le monde entier par les images communiquées dans les médias est juste devant nous. Les derniers jours notre entourage n’a cessé de tenter de nous en dissuader, mais notre envie de connaître ce qu’il y a de l’autre côté est trop tentante. Allé ! La route descend, on fait marcher la roue-libre et y rentrons sans mêmes être contrôlés.

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Tout de suite l’ambiance change. Les villages sont plus pauvres, les mosquées refont apparitions et les inscriptions sont en arabe. Le soleil est aux zéniths, les rues sont désertiques. Nous essayons de rouler, mais impossible dans ces montés. Pas le choix il faut s’arrêter, je suis au bord de l’évanouissement (l’une des photos ci-dessous montre l’état dans lequel je suis). Notre entrée nous laisses perplexes, nous sommes même un peu angoissés. À ce moment arrive une grosse voiture noire aux vitres tintées. Elle s’arrête à notre niveau. La portière s’ouvre. Un jeune monsieur en sort, il a le sourire aux lèvres, nous tend une bouteille d’eau fraîche et nous demande si tout va bien. Notre crainte s’évapore (ainsi que des litres de transpiration), attendons que le soleil baisse et reprenons la route. Tout au long les voitures nous klaxonnent, nous sourient, nous saluent. Un rappel de la Turquie. Nous étions inquiets à propos de l’eau, il ne fallait pas. À quasi chaque traversée de village on nous en offre. Elle est à chaque fois fraîche. En réalité ce n’est pas bien puisque notre corps utilise énormément d’énergie pour la réguler, mais imaginer le plaisir de troquer cette eau contre celle bouillante dans nos bouteilles.

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Les petites pauses nous permettent de prendre un premier contact avec les Palestiniens. Ils n’ont aucune méchanceté à notre égard, tous sont curieux de nous voir ici avec nos vélos. Nous sommes sur les hauteurs et pouvons voir au loin Tel Aviv et ses grands immeubles. Dur contraste quand on sait que certains sont en train de se dorer la pilule sur le sable chaud alors qu’à nos côtés certains n’ont jamais goûté de leur vie la mer Méditerranée. Ici la vie est plus pauvre. Le travail il n’y en a pas. Beaucoup nous présentent leur papier qui leur permet d’entrer pour une durée de huit heures par jour pour travailler en Israël.

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Le soir venu nous ne nous voyons pas installer nos tentes. Dans un village nous commençons à discuter avec quelques personnes. Petit à petit 5, 10, 20 voire même 30 hommes et enfants se mettent autour de nous. Personne ne parle vraiment anglais, sauf un petit garçon qui arrive. Il est New-yorkais et vient ici tous les ans pour les vacances (drôle de destination non ?). En tout cas il fait l’interprète entre nous et un monsieur qui prend les choses en charge. D’un premier abord il est peu aimable. Il nous dit de revenir d’où on vient et qu’ici on n’est pas en sécurité. Nous lui rétorquons que nous voulons rester afin d’échanger et de connaître des Palestiniens. Il nous demande nos passeports, il comprend alors qu’on est seulement des voyageurs et qu’on ne lui veut rien de mal. Un sourire s’inscrit sur son visage et il nous demande de le suivre. Nous allons tous ensemble à la caserne de pompiers. Là-bas on nous offre à boire et l’occasion de se reposer. Il téléphone à un habitant du village qui a l’habitude d’être en contact avec les étrangers. Il s’appelle Zuhair Ziden et arrive peu de temps après. Nous profitons de son bon anglais pour partager une bonne conversation avec lui et les pompiers. C’est intéressant d’avoir leur point de vue sur la situation. Aux murs sont accrochés différents tableaux. La carte de la Palestine telle qu’il la voit et un autre avec écrit « Tous à Jérusalem ». Puisqu’en effet l’accès leur est interdit depuis 1967. Ils habitent à côté mais ne connaissent la ville qu’à travers des photos. Ce n’est pas tant le fait de ne pas pouvoir aller sur leur lieu de culte qui les énervent, c’est seulement le fait d’être le seul peuple à ne pas en avoir accès.

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Ils nous expliquent aussi certaines situations qui leur rendent ou qui leur rendaient la vie difficile. Entre 2001 et 2006 les accès entre les villages Palestiniens étaient réglementés par Israël. Les passages des checks-points pouvaient durer plus de trois heures et s’il fallait en traverser plusieurs, l’histoire pouvait se répéter. Imaginer que vous êtes maraîcher, vous transportez votre marchandise pour la vendre dans un autre village. Vous avez quand même la chance d’avoir un camion frigorifique, mais à chaque contrôle vous devez décharger et recharger votre marchandise. Passage froid, chaud, froid, chaud… En plus d’arriver tard sur votre stand (si vous y arrivez à temps), vos fruits et légumes ont mauvaises têtes. Perte d’argent assurée ! On peut comprendre leur agacement… Aujourd’hui ces contrôles ont cessé mais l’armée agit sur d’autres fronts tout aussi agacent. Les Palestiniens ne savent jamais de quoi leur lendemain sera fait, une manière de l’armée Israélienne de les maintenir dans une « terreur » quotidienne. Quelle est la définition de terrorisme ? L’emploi de la terreur à des fins politiques, non ? Des groupes terroristes Palestiniens à l’armée considérée légitime d’Israël, c’est à se demander quelle partie se trouve plus près de la définition ?

Suite à notre échange nous allons relaxer en visitant le village avec à la main nos sandwichs de falafels. Nous sommes surpris de voir la beauté des rues. Les bâtiments sont de l’air romain et ottoman. Encore plus curieux, dans les années 1990 un groupe de jeunes Rennais (ma ville) sont venus aider pour rénover les bâtiments. Zuhair me dit qu’un des meneurs du projet est son ami. Il habite Rennes aussi et est en ce moment dans un camp de réfugiés à Bethléem. Il me propose de le contacter. Au téléphone je parle avec Dominique, il connaît très bien la situation ici puisqu’il y vient depuis de nombreuses années. Il me propose de venir le voir d’ici quelques jours dans le camp. Le rendez-vous est pris. Marcelo et moi sommes super contents d’avoir l’opportunité d’y accéder.

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Le lendemain matin après un petit-déjeuner traditionnel nous partons vers Jérusalem. La veille j’avais trouvé un drapeau Palestinien et avais décidé de le garder avec moi en cas de problème. Au contraire il a failli m’en causer puisqu’en plein milieu de notre route nous traversons Ariel. La ville est israélienne et à l’entrée nous sommes contrôlés. Le drapeau était enroulé mais en évidence à l’avant de mon vélo. Par chance la sécurité ne l’a pas vu, ça aurait pu bêtement me causer des soucis… La ville ne s’étend pas sur beaucoup de kilomètres mais la verdure et les grosses voitures contrastent avec la pauvreté et l’aridité des alentours.
Il existe en réalité trois différentes zones A, B et C. Elles sont un peu floues sur le papier mais une fois sur le terrain tout devient plus clair. Les zones A sont contrôlées par les Palestiniens, l’entrée est interdite aux Israéliens. Un gros panneau est souvent planté à l’entrée des villes pour le rappeler. Toutefois l’armée israélienne ne s’empêche pas d’y faire quelques opérations. Dans les zones B les affaires civiles sont gérées par les Palestiniens, quant à la sécurité elle est partagée entre les deux camps. Les zones C sont entièrement contrôlées par Israël. Alors parfois nous sommes en Palestine mais en grande partie sous contrôle israélien, les infrastructures sont alors neuves et entretenues. En quasi une journée nous avons traversé ces trois zones. Nous ne sous sommes jamais réellement sentis en danger, seule la présence militaire parfois lourdement armée nous rappelle la situation.

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Dans la Bible il est écrit que Jésus est monté à Jérusalem, ça j’y crois ! On n’arrête pas de monter sous cette chaleur accablante.
Peu avant la ville nous retrouvons ce mur de la honte. Parfois vertigineux. Le passage du check-point pour nous est facile, beaucoup plus compliqué pour d’autres.
À Jérusalem nous avons la chance d’être hébergés chez Renaud à deux pas de la vieille ville. Il est Belge et travaille pour Médecin du Monde dans les camps de réfugiés. De chez lui on peut voir agir l’armée israélienne de manières différentes. Certaines familles Palestiniennes vivant de ce côté du mur y habitent dans des maisons échappant parfois à quelques règles. L’armée trouve la faille et en quelques heures ils sont expropriés et la maison est détruite. À la place une maison sera reconstruite pour une famille Israélienne.

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En 1967, suite à la Guerre de Six Jours, Israël prend le contrôle de la ville. Chaque année de nombreux incidents s’y passent et montrent encore une fois l’incapacité de certaines personnes à ne pas gérer leurs différences. Que ce soit les Juifs qui fêtent l’anniversaire de la libération/occupation de la ville en manifestant avec des slogans racistes dans les rues ou comme un mois après notre passage des Palestiniens qui égorgeaient des passants dans Jérusalem ou Tel-Aviv.

Ce lieu de discorde amène tout de même chaque année un nombre impressionnant de touristes. Il y a de quoi. Nous aimons nous perdre dans les rues et découvrir les lieux chargés d’Histoire. Du mur des lamentations, au chemin de Croix en passant par les différents quartiers musulmans, chrétiens et juifs.

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Je ne suis pas pratiquant mais venant de France j’ai de fortes chances d’être issu d’une famille à la culture Catholique. Petit j’ai fait du catéchisme. À vrai dire je m’ennuyais pas mal là-bas mais j’aimais écouter les aventures de Jésus. Récemment j’ai vu une carte de ses voyages à travers le Moyen-Orient, quel baroudeur ! Ces récits me paraissaient tellement loin, j’étais même pas sûr que ça existait mais aujourd’hui me voilà sur ces terres. J’aurais aimé aller visiter plus au nord Galilée et son lac mais ce sera pour une prochaine fois. À Jérusalem nous décidons de suivre le chemin de Croix. On traverse la ville par de petites rues et escaliers. Nous nous arrêtons à chaque fois aux étapes de la marche de Jésus. Certains lieux étaient remplis d’une énergie difficile pour moi à exprimer, comme sa cellule exiguë ou l’église du Saint-Sépulcre. Nous restons parfois figés dans ces lieux pendant un petit moment. Une belle expérience à vivre.
Par contre nous sommes déçus par la visite de certains endroits. Par exemple la scène mythique du dernier repas. La salle paraît impressionnante sur le tableau, rien à voir en réalité… L’accès à la mosquée Al-Aqsa est limité et il faut s’y prendre assez tôt. Nous la voyons seulement de l’extérieur avec son fameux dôme doré.

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Dans le prochain article je vous emmènerais visiter un camp de réfugiés à Bethléem. Puis direction la mer Morte avant la traversée du désert d’Arava pour rejoindre Samar un kibbutz particulier ! Qu’est-ce donc cela ? La réponse bientôt…

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3 réflexions sur “Israël / Palestine 1

  1. Très beau récit de voyage et photos. Merci Gauthier de nous montrer de près cette partie du monde qu’on a l’habitude de connaitre seulement grace au prisme déformé des médias.

  2. J’espère que tes parents ont fait bon voyage et que tu les as bien retrouvé. Je profite de cette occasion pour te souhaiter une bonne année avec encore de belles rencontres, de beaux paysages des surprises à gogos… et continue ton blog – très chouette d’ailleurs, bien raconté et avec de belles photos… Comme ça nous on voyage sans fatigue…. Au plaisir de te revoir. Philippe et Babeth (les Chartrains)

    • Salut les Chartrains !

      Merci beaucoup et bonne année à vous aussi !

      Les parents sont bien arrivés à destination.
      Ils auront sûrement de nombreuses histoires à vous raconter à leur retour ! Le dépaysement est total pour eux, vous l’avez sûrement vécu aussi.

      A bientôt
      Gautier

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