Israël / Palestine 2

En quittant Jérusalem nous nous dirigeons vers le check-point 300 pour entrer à Bethléem, ville Palestinienne. L’entrée est relativement facile.
Changement de décor dès l’arrivée. Les murs gris ont été colorés par des street-artistes qui ont utilisé des bombes (de peinture) afin de partager leurs idées.
Le trait d’humour de certains fait sourire, mon préféré est « Make hummus not walls ». L’artiste internationalement connu Banksy est passé par-là aussi, des guides proposent d’en faire le tour. Il y a même un musée dédié à ses œuvres. Que faut-il en penser ? Ce mur s’embellit d’une manière et se transforme en attraction touristique…

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Dans le dernier article je vous avais parlé de la possibilité d’aller dans un camp de réfugiés. Dans mon esprit je me voyais arriver sur un terrain vaste rempli de tentes ou de maisons préfabriquées. Ici pas du tout ! Le camp date de 1948 suite à la déclaration d’indépendance d’Israël entraînant une guerre avec les États arabes voisins. Les Israéliens remportent ce conflit, contraignant une partie de la population Palestinienne à l’exil.
Aujourd’hui le camp ressemble plutôt à un quartier d’une grande ville, plus de 10 000 habitants sur moins de 1 km²…

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Nous arrivons à Laylac, une association qui propose entre autres des projets culturels et artistiques afin d’inciter et d’aider à l’engagement des jeunes du camp dans la société palestinienne. Nous retrouvons Dominique, professeur d’arts plastiques venant de Rennes comme moi. Encore plus étonnant, un groupe de 8 jeunes Rennais sont aussi présents depuis presque deux semaines pour des projets vidéo. Ils font partie du comité Rennais de l’association France Palestine Solidarité. Selin, une des membres, connaît même Frantz un ami à moi qui était en ce moment même en train de faire un voyage à vélo à travers la France.

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Cette première journée nous permet d’éclairer nos lanternes sur la situation des alentours. Le soir nous rencontrons les jeunes du camp. L’association est laïc et prône la mixité, ce qui n’est pas de coutume dans le coin. Ce camp « politique » reçoit la visite de nombreux étrangers, expliquant l’aisance de certains à nous expliquer la situation dans un très bon anglais.
Nous faisons la connaissance de Mohamed qui nous propose de faire la visite des lieux. Le rendez-vous est pris et le lendemain matin il nous amène à travers les ruelles de Dheisheh.
Il nous explique que ce camp a été créé en 1948, les Israéliens les avaient emmenés ici pour deux-trois jours maximum. Les jours passent, ainsi que les semaines, les mois et les années et rien ne bouge. Soixante ans plus tard ils sont encore là.
Les familles s’installent au début dans des tentes. Se voyant condamnées à rester ici elles commencent à construire des maisons. Petit à petit tout le monde s’y met sans vraiment de règles et il n’est pas rare de voir des bâtiments penchés, tellement proche les uns des autres qu’il serait possible de passer d’une fenêtre à l’autre.
Pendant de longues années l’entrée était contrôlée. Ouvert de 8h00 à 20h00. Si par malheur ils arrivaient trop tard, c’était nuit dans la rue assurée. Depuis quelques années les barrières ont sauté et libres sont les habitants d’entrer et sortir à leur guise.
Ne croyez tout de même pas qu’Israël les laisse en paix si facilement. Le jour de notre visite on peut voir l’œil des réfugiés qui pétillent et leur sourire aux lèvres. L’eau est arrivée et ça commençais à les inquiéter. En effet l’approvisionnement vient de l’extérieur des murs ainsi que l’électricité. Donc parfois ils ne savent pas pourquoi et pour combien de temps ils devront se débrouiller avec les moyens du bord.
Parfois l’armée procède à des arrestations, le réflexe des plus jeunes est de lapider les véhicules et les soldats. La riposte peut être parfois violente. Dans les ruelles des portraits d’enfants décédés sont peints sur les murs en leurs hommages. En écrivant cet article j’apprends qu’un jeune de 19 ans vient de décéder à la suite d’une balle tirée dans la tête par un soldat israélien « ripostant » à une pierre qu’il avait lancée.

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En rentrant au centre Laylac, Mohamed décide de nous montrer des images qu’on peut trouver facilement sur Youtube. Je ne sais pas si son intention était de nous choquer, mais si c’est le cas il a réussi. Les vidéos venaient en majorité de Gaza filmées par des habitants à la suite d’attaques extérieures. Images d’immeubles et de maisons détruites, mais pas seulement. Ce sont surtout des corps d’enfants ou d’adultes dans tous les sens parfois déchiquetés et montrés sans censure… Au bout d’un moment on n’en peut plus, nous en arrêterons là pour aujourd’hui. Nous sommes démoralisés. Nous ne savons pas comment prendre ça et essayons de prendre un peu de recul. Certes ces images sont réelles mais elles me font penser parfois à travers différents messages à une sorte de propagande, diffusant encore plus la haine.
Des jeunes nous disent que ce qu’ils veulent ce n’est pas la paix mais la justice. Certains pensent qu’ils ne peuvent pas faire la paix avec les Israéliens puisque tous sont passés par l’armée et ont au moins participé une fois durant leur service au meurtre d’un des leurs. Il est difficile parfois de leur faire prendre du recul, quelques-uns sont enfermés là depuis leur enfance et ne peuvent pas sortir de l’enceinte de la ville.
Encore une fois je n’ai plus beaucoup l’envie de revenir en Israël. J’essaye tout de même de me rappeler des bons moments passés et me convaincs qu’on ne peut pas mettre toutes les fautes du pouvoir israélien sur son peuple.

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Certains Rennais partent le lendemain, nous aussi. On ne sait pas pourquoi mais la dernière soirée est plutôt morose, les jeunes du camp sont présents physiquement mais pas mentalement. Ils ne veulent pas dire pourquoi mais nous sentons que quelque chose cloche, peut-être qu’on ne peut pas comprendre. Léa nous offre tout de même un joli spectacle de bolas enflammées !

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Nous voilà reparti sur la route chargés de plusieurs litres d’eau chacun. Ce bien va devenir très vite précieux puisque nous nous dirigeons vers les profondeurs de la terre… La Mer Morte ! Elle se trouve à 425 mètres sous le niveau de la mer (lieu le plus bas sur terre). Nous sommes en août et je crois que c’est la pire période pour s’y rendre. Le seul plaisir est ces 35 kilomètres de descentes. A contrario avec la sensation de fraîcheur que l’on ressent à l’ascension d’un col, ici à chaque kilomètre descendu nous avons de plus en plus l’impression de rentrer dans un four !

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Pendant plus d’une journée nous longeons la Mer Morte. Je suis alarmé en voyant que même sans faire un effort je transpire à grosses gouttes. Nous perdons chaque heure de nombreux litres d’eau. Le lendemain matin Marcelo s’inquiète en voyant ses réserves diminuer très vite, il ne lui reste plus qu’un litre, moi encore trois mais ça ne va pas nous suffire. Il nous faut rapidement trouver un ravitaillement. Sur la carte nous ne voyons aucun village. Les kilomètres suivent et s’enchaînent et toujours rien… La peur s’empare de nous, qu’allons-nous faire ? Au loin nous voyons un camion renversé sur son flanc droit. Nous nous en rapprochons, l’accident semble de la veille, personne n’est à bord. Curieux nous voulons savoir ce qu’il transportait. Je n’arrive toujours pas à expliquer et ce n’est pas la première fois du voyage que ça arrive, mais la route nous offre encore une fois non pas ce que l’on veut mais ce dont l’on a besoin. Le camion est rempli de packs d’eau !!! Pour la première fois de ma vie je m’offre le luxe d’une douche à l’eau minérale. Nous troquons nos anciennes bouteilles contre ces nouvelles et transportons chacun près de 12 litres.

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Il serait trop bête d’être passé par ici sans avoir mis les pieds dans la mer Morte. L’eau est tellement salée qu’on flotte instantanément. La sensation est vraiment étrange dans cette eau brûlante, l’impression est plutôt de se baigner dans de l’huile mais l’expérience est vraiment drôle à vivre. Attention par contre à ne pas mettre la tête sous l’eau, à moins de vouloir perdre la vue…

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Malgré la chaleur, rouler dans ces lieux est vraiment magique. Nous sommes entourés de grands canyons. De l’autre côté de la mer de se dressent les montagnes jordaniennes. Le spectacle est tout de même parfois troublé par les nombreuses usines qui extraient entre autres du magnésium.

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La chaleur est vraiment accablante, même de nuit. Il nous faut sortir au plus vite d’ici, mais bon la suite n’est pas non plus rafraîchissante. Le désert d’Arava nous attend ! Avant de le traverser il nous faut refaire les stocks d’eau et trouver un endroit pou la nuit. En fin de journée nous nous posons dans une station-service, nous pensons attendre qu’il fasse nuit pour trouver un endroit où dormir. Soudain deux cyclistes arrivent. Je décide d’aller leur parler. Ils me disent qu’ils travaillent dans une ferme juste à côté et que nous sommes les bienvenus pour passer la nuit. Ce n’est pas une petite ferme, ça ressemble plutôt à un petit village ou une communauté avec plusieurs maisons, sauf que ce n’est aucun des deux. Des jeunes y travaillent comme saisonniers. La saison des dattes vient de commencer.
Une fois que deux lits nous sont trouvés la magie du voyage continue. Alors que nous venons de transpirer pendant deux jours dans cette chaleur atroce on nous invite à refaire tomber la température dans la piscine. Tous les saisonniers sont présents et nous passons un bon moment. Puis certains nous invitent à partager le repas accompagné de bières. Dans le groupe se trouve Dafna, une française qui à 18 ans a décidé d’appliquer la loi du retour proposée par l’Israël. De nombreux Français ont profité de ce droit à la suite des attaques terroristes à Paris de janvier 2015. C’est pour cela qui n’est pas rare de rencontrer des personnes avec deux voir trois passeports différents ! Le peuple israélien est un melting-pot de culture venant des quatre coins du monde.

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Le lendemain nous partons aux aurores avant que le soleil ne tape trop fort. Le plan de la journée est de rejoindre Samar, un kibboutz où les oncles de Noa une des filles du voilier nous attendent. Cependant un obstacle se dresse encore devant nous : le désert d’Arava. Partir dans la fraîcheur matinale nous aide à avancer sans trop de difficultés. Les dattes cueillies de la veille nous donnent assez d’énergie pour finir les 120 km avant 13h00.

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Arrivés sur place nous sommes mal à l’aise puisque Hagit la tante de Noa nous attendait seulement pour la semaine prochaine. Petit problème de communication… En pleine saison des dattes tous les logements sont utilisés et elle a du mal à nous trouver un toit pour les deux nuits qu’on pensait y passer.

Les kibboutzs sont des communautés qui se sont développées en Israël dans les années 1950. Celle de Samar a été créé par une bande d’amis il y a plus de 40 ans. A l’époque il existait qu’une plantation de palmiers, sans rien, seulement entouré d’un désert et de canyons. Aujourd’hui pas moins de 100 membres y vivent avec plus de 100 enfants et autant plus de volontaires en cette période.
Le plus surprenant est de constater la longévité du mode de fonctionnement de ce kibbutz. Malheureusement c’est le seul en Israël qui a tenu cette ligne de vie.
Tout le monde travaille ici mais il n’y a pas de salaire versé. Tout l’argent gagné va directement à la banque. Seuls les membres y ont accès librement. Que Hagit est plus travaillée ce mois-ci que Digi ne change rien. Certains travaillent dans la communauté, d’autres en dehors et l’argent est directement rapporté dans la caisse commune.
Les volontaires ou invités ne voient jamais l’argent circuler. Ils ont un toit et à manger à volonté. Oui parlons de la nourriture ! J’en suis resté scotché. Pour nourrir toute la compagnie ils n’ont pas lésiné sur les moyens. La dining-room (cantine) est le lieu central du kibboutz. Ils ont une cuisine professionnelle avec les casseroles ou autres accessoires en « king-size ». Les réfrigérateurs sont des chambres froides et les placards de vrais gardes-manger. Tout le monde y entre y sort sans vraiment se soucier des normes d’hygiène. « Si tu as faim, il n’y a qu’à te servir ! ».

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L’une des choses surprenantes aussi elle la « Junkia », une sorte de décharge à ciel ouvert. Un vrai bordel organisé. Tout est rassemblé par famille. Un tas de vélo par-ci, une tripotée de portes par-là et plus loin encore des ventilateurs…
Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme. Pour cela un hangar avec tous les outils inimaginables se trouve ainsi qu’un garage, un vrai comme chez Renault ! Sauf que là tu ne te ruines pas.
Et puis si l’envie te prend de faire de la menuiserie il y la scierie pour ça.

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Nous sommes donc accueillis ici par Hagit et Digi les oncles de Noa. Au repas du soir nous rencontrons Rotem (une de leurs filles) et son copain Omri. Nous sympathisons très vite. Le lendemain matin nous allons à la « Mata », c’est comme cela qu’ils nomment la plantation de dattiers. L’occasion de partager le petit déjeuner bien copieux de 10h00 pour les volontaires qui ont commencé à 5h00.
Nous adorions aider mais nos visas touristiques ne nous le permettent pas. Un visa de « bénévole » est obligatoire. Toutefois nous finissons par les aider sur des petites tâches.
A 16h00 nous rejoignons Rotem et Omri à la cuisine. Ce soir c’est à leur tour de préparer à manger pour bien plus de 200 couverts. Ça n’a pas l’air de les intimider, ils ont l’habitude, mais notre aide est la bienvenue. L’occasion de participer à la confection de certains plats traditionnels mais en mode grosse cavalerie. A 19h00 tout doit être prêt et nous finissons à temps.

Nous devions partir le lendemain, mais franchement comment faire ? Il y a tellement de choses et de personnes à découvrir. Malheureusement la place manque et notre statut d’invité nous empêche de partager pleinement la vie de la communauté. En plus de ça, Marcelo et moi attendons chacun un paquet à Eilat à 40 km au sud. Le mien aurait déjà dû être entre mes mains mais la douane le bloque sans aucune raison. Celui de Marcelo devrait arriver d’ici une semaine. Le sud du pays est en pointe, nous n’avons pas grand-chose à explorer et l’idée de remonter dans le nord face au vent et sous cette chaleur ne nous enchante pas trop… Au final nous avons encore pour quelques jours notre logement et les rencontres me font décrocher un travail à la cuisine pour le repas du midi. On y tolère ma présence qui est moins risquée que sur la plantation. Par contre Marcelo à du mal à s’intégrer, il aide aussi à la cuisine mais il ne se sent pas bien. Nous ne sommes pas d’accord sur la manière de procéder dans l’attente des paquets. L’un veut rester, l’autre partir.
Au bout de deux jours nous décidons de nous séparer, cette fois-ci ni l’un ni l’autre de veut faire de concession. Après plus de quatre mois ensemble ça ne nous fera que du bien de ne pas être toujours ensemble, on aura chacun de nouvelles histoires à se raconter. Marcelo n’a pas vraiment de plan mais il décide de se retirer seul dans le désert le temps que ses réserves d’eau le permettent. Puis il essayera peut-être de trouver un hôtel à Eilat qui lui permettra de dormir gratuitement en échange de ses services.
Moi, entre-temps j’ai rencontré pas mal de monde, je n’aime pas rester là à rien faire. J’ai aidé sur des petites tâches à la plantation, réparé des vélos (oui ici tout le monde se déplace sur deux roues), aidé à la « Communa » (une pièce remplie de vêtements en libre-service), etc.
Digi (l’oncle) qui est un des membres forts de la communauté finit par me laisser le droit de vraiment travailler sur la plantation. La récolte des dattes en cette saison se fait jour et nuit. Je commence tous les matins à 5h00 avant que le soleil ne se lève sur les montagnes jordaniennes. Je travaille surtout au sol pendant que les autres sont dans ces machines un peu étranges. Elles ont été fabriquées par les membres. Eux qui n’avaient aucune connaissance en la matière au début sont devenus des experts reconnus au niveau mondial. Il n’est pas rare qu’ils soient appelés dans d’autres pays.
En général il y a deux machines par palmier. Dans une se trouvent 5 ou 6 personnes. Celle-là part dans les cimes à la rencontre des dattes déployant un parapluie énorme. La seconde entoure l’arbre à sa base et vient le secouer. Les grands filets rattrapent les dattes mures, les autres attendrons le prochain tour.
Avant d’arriver ici je ne dédiais pas une grande affection pour ce fruit, mais ici sont produites des dattes bios de catégorie I (les meilleures). Je m’en régale tous les jours et plus le temps passe, plus j’en mange. Une addiction commence à s’installer !

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Plus d’une semaine est déjà passée et j’apprends des douanes que mon paquet ne sortira pas avant 5 ou 6 jours. Je n’aurais pas pu mieux tomber pour attendre. Certes le travail est fatigant mais ça fait du bien de faire autre chose que de pédaler parfois.

Dans le groupe se trouvent ces jeunes de mon âge qui sortent tout juste de leur service militaire. A leur sortie, l’armée ne les laisse pas partir comme ça. Il y a tout un processus. Certains partent travailler, d’autres comme eux vivre pendant 6 mois ou 1 an dans un kibboutz. Ça nous permet d’échanger sur la situation du pays et leur expérience militaire. Certains avis sont parfois tranchés, on oublierait presque ici que le pays est en guerre et que sous ces faux airs de hippies, tous sont passés par la case armée.
Leur point de vue est quand même partagé, certains sont vraiment curieux sur mon passage en Palestine et me questionnent beaucoup. Je repense alors à ces Palestiniens que j’ai rencontré qui parfois ressentaient une haine profonde contre les Israéliens, je m’aperçois que de l’autre côté c’est la même chose. Au final ils ne se connaissent pas et oublient parfois que se sont eux aussi des humains. Je me rappelle des paroles de certains Palestiniens qui ne veulent pas la paix mais la justice et leur désir de voir les Israéliens rentrer chez eux. Mais ces Israéliens que j’ai devant moi sont tous nés sur ces terres, parfois même leurs parents. Ils ont des origines de différents pays mais ils n’en sont pas originaires. Ils sont légitimes de se sentir chez eux ici. Il faut donc trouver une autre solution. C’est ce qu’on essaye parfois en discutant pendant des heures bien après le coucher du soleil. En trouver une réalisable semble encore bien difficile. Je les invite avant tout à briser la glace avec leurs « ennemis ». Bien facile pour moi Français, en dehors de ce conflit de leur dire ça, mais j’espère que certains le tenteront… Maintenant je me suis fait des amis des deux côtés du mur, à chaque bonne ou mauvaise nouvelle je me ferais du soucis.

Tous les jours après le travail, la chaleur ne nous laisse pas d’autre choix qu’une bonne sieste. Elles sont suivies de détente au bord de la piscine ou dans les « springs » qu’ils ont créé au milieu du désert. Un peu d’activité physique comme la slackline ne fait pas de mal non plus.

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Nous passons aussi de belles soirées ensemble. Celles que je préfère sont quand nous partons à la limite de la frontière jordanienne dans les dunes de sable. Pas d’autre lumière que la lune et des étoiles, seulement le son de quelques instruments de musique viennent troubler le doux silence du désert.

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Malheureusement toute bonne chose a une fin. La route m’appelle, elle me fait signe qu’il est temps de se remettre en selle. Mon paquet est enfin délivré des griffes de la douane israélienne.

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Quelques jours avant mon départ une tempête de sable recouvre tout Israël d’un épais brouillard. Sensation déroutante en plein désert. L’endroit prend des allures de Mad Max. Les canyons aux alentours sont devenus invisibles, il faudra attendre quelques jours avant de revoir le ciel.

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C’est vrai qu’il m’a été difficile de partir des lieux. Cependant je ne me voyais pas y vivre à vie. Certains détails me titillaient un peu. La production de leurs délicieuses dattes bios sont certes sans produits chimiques mais l’approvisionnement en eau n’est pas des plus écolos. En effet nous sommes en plein désert et l’eau (désalinisé) vient de la mer rouge à 50 kilomètres. De la source aux palmiers, beaucoup trop d’énergie est mise en œuvre.
Un autre exemple. Ils ont de nombreuses vaches laitières. Ce qui n’a aucun sens pour moi est qu’ils n’en consomment pas un seul litre. Celui qu’ils boivent provient du supermarché, venant assurément d’autres vaches ! Le leur il le vende, je trouve ça dommage.
Et puis ce contraste entre jardin d’Eden et d’enfer. Le kibboutz est entouré de barbelées, il y a même à certains points des tranchées creusées et une patrouille de nuit.

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Il y a encore pleins de détails qui laissent à réfléchir et à améliorer, mais je leur tire mon chapeau d’avoir réussi à conserver ce mode de vie et de partage sur plus de quarante ans avec autant de membres. L’entente n’est certes pas toujours facile, par contre je n’ai jamais senti un esprit de famille si fort. J’y retournerai sûrement dans quelques années afin d’apprendre et de piocher quelques idées pour mes projets futurs !

Je recharge donc ma bicyclette de ses sacoches et me dirige à présent vers Eilat. J’y étais déjà passé pour profiter d’une journée de repos au bord de la Mer Rouge. Le lieu est paisible malgré la situation géographique. D’ici on voit l’Arabie Saoudite, la Jordanie et l’Égypte, des bateaux militaires y sont quand même au cas où. Moi je m’arme seulement de palmes, masque, tuba et plonge dans un autre monde. Imaginez-vous les plus beaux aquariums que vous avez vus dans votre jeunesse. Cette fois-ci j’étais dedans et nageais librement entre les coraux et les poissons par milliers. Un spectacle magique.

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Là-bas je retrouve Marcelo, nous avons chacun de belles histoires à se raconter, mais d’abord nous allons tenter d’entrer en Égypte. L’ambiance va clairement changer, l’Afrique arrive !

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