La côte Atlantique (1ère partie)

Après une bonne nuit au milieu des champs, Océane, Yann et moi reprenons la route ensemble pendant quelques kilomètres. Nous nous séparons après Rieux. Ils partent vers Nantes pour prendre un train afin de rejoindre des amis dans un éco-village dans les Montagnes Noires au-dessus de Carcassonne.
Moi je vais direction Saint-Nazaire, mais nous nous donnons rendez-vous aux « Linas », là où ils se rendent. Je ne le sais pas encore mais tout ne se passera pas comme prévu …

Pour l’instant c’est la Loire que j’ai pour but de traverser. Y parvenir ne sera pas choses aisée, il y a beaucoup de vent de face, des douleurs physiques apparaissent, mais enfin j’arrive à ce monstre, le pont de Saint-Nazaire. L’exposition au vent est très important, les rafales me font dévier de l’étroite bande cyclable, alors que les voitures me frôlent.

Pont de St-Nazaire

Pont de St-Nazaire

La route qui suit est monotone, je traverse des marais et de longues étendues plates.
Encore une fois, ce soir-là je décide de trouver un toit pour la nuit. Après seulement un refus, je me retrouve chez une famille fan de mécanique « auto-moto ». Ils m’offrent généreusement une douche, un repas et un abri original, la verrière de leur piscine !

Le lendemain la pluie est au rendez-vous, tellement que je suis forcé de m’abriter sous la première chose que je croise, une Peugeot abandonnée. J’en profite pour mettre mon carnet de route à jour et établir l’itinéraire de ma journée. En effet, je dois retrouver ce soir-là à La Rochelle Damien et sa copine, un autre couple de voyageurs. Alors que je me protège encore une fois de la pluie dans une cabine téléphonique, je reçois un SMS. C’était Damien qui me prévient qu’ils doivent rentrer en urgence en région parisienne à cause d’un décès dans sa famille.

Malgré tout, je décide d’atteindre mon but. Mais dans ma tête je passais la soirée accompagné. Du coup, j’adopte une nouvelle technique. Une fois arrivé à La Rochelle je me poste devant l’office de tourisme. J’attends quelque temps. Au bout d’un petit moment je vois deux cyclotouristes tout de jaune vêtus. J’applique une nouvelle fois ma devise « qui ne tente rien n’a rien » et les abordent. Ils s’appellent Quentin et Madita, ils sont partis de Rennes pour suivre le fil de la Vélodyssée jusqu’à Soulac-sur-Mer. Nous sympathisons et décidons de trouver un lieu pour passer la nuit. Nous nous rendons vite compte que les campings sont pleins et que l’auberge de jeunesse aussi. Avant de partir dormir dans la nature nous tentons une dernière solution, Warmshower. C’est un réseau de voyageur à vélo qui propose comme son nom l’indique, une douche chaude et puis dans la logique des choses un endroit où coucher. Tout ça sans échange monétaire.

Tout de jaune vêtu

Tout de jaune vêtus

PArtage de repas

Partage d’un repas à la Rochelle avec Quentin et Madita

C’est Catherine, une femme formidable qui nous accueille pour la nuit. Ce n’est pas une cyclotouriste, mais accueillir des voyageurs est sa manière de remercier indirectement les gens qui ont logé son fils alors qu’il voyageait à vélo à travers les Etats-Unis.
La soirée était dotant plus sympathique qu’il y a déjà un voyageur à vélo chez elle, Marcelo, un Salvadorien parti il y a presque deux ans d’Alaska pour faire le tour du monde.
Nous ne le savons pas encore, mais Marcelo et moi partagerons de belles aventures pendant plus d’une semaine.

(La suite c’est par-là)

La côte Atlantique (2ème partie)

Après un bon petit déjeuner, Marcelo et moi reprenons la route ensemble alors que Quentin et Madita vont direction du bord de mer avec Catherine notre hôte de la veille.

Petit déj' chez Catherine

Petit déj’ chez Catherine

C’est impressionnant de voir comment le voyage nous porte quand on laisse place à l’imprévu. Qui aurait pu imaginer que je me retrouverai à pédaler avec un Salvadorien réalisant en ce moment même mon rêve de faire le tour du monde ?

À une bonne allure nous rejoignons Rochefort puis Royan afin de prendre le bac pour traverser la Gironde et de nous retrouver chez les nudistes !

Mon vélo - Celui de Marcelo

10 kg VS 55 kg

Marcelo sur le bac

Marcelo découvrant le pâté Hénaff sur le bac

Je me crois à l’étranger, en effet il fait beau, chaud y hablo español todo el día. Parfois nous partons dans des fous rires puisque je parle le castillan (langue officielle d’Espagne) alors que Marcelo parle l’espagnol d’Amérique Centrale. Ce qui entraîne parfois des quiproquos… Par exemple, quand je veux prendre quelque chose, « coger » en espagnol, il comprend que je veux avoir une relation sexuelle avec lui. Vous voyez les malentendus…

Après une traversée d’une vingtaine de minutes, nous atteignons l’autre rive. Nous empruntons pour la première fois la voie verte reliant la Bretagne au Pays-Basque. Certains me maudiront mais je n’aime pas du tout ces chemins balisés. Je m’explique.
D’une part, notre rythme, se trouvant généralement supérieur à 20 km/h peut gêner les autres utilisateurs optant pour une allure plus familiale.
D’autre part, on est fondu dans la masse. Les habitants nous prennent pour deux touristes de plus, ce qui rend difficile l’échange et l’accueil puisqu’ils sont bien trop souvent monétaires.
Pour finir, ce que j’aime, c’est me diriger à la carte, me tromper, fouler un chemin méconnu, alors que là, sur une voie verte telle que la Vélodyssée, on se fait promener d’une balise à une autre.
Ce type de parcours est super pour des personnes qui veulent découvrir les joies de la pérégrination cyclopédique. Mais pour un voyageur économe comme moi, qui ne veut pas dépenser son argent dans les campings et les restaurants, je préfère partager la soirée avec un inconnu et pique-niquer dans les champs !

Sur la route

Sur la Vélodyssée …

Alors pour fuir tout ça, nous décidons de nous éloigner dans un chemin de traverse et bivouaquer dans les forêts de pins.
C’est agréable de se retrouver avec un voyageur expérimenté. En effet l’installation d’un lieu pour bivouaquer est toute une organisation. Alors quand on se retrouve avec des apprentis baroudeurs, on a une plus grande responsabilité du camp et de son organisation, difficilement assumable après une dure journée.
Là avec Marcelo, on est chacun autonome, quand on en a besoin, on s’entraide sans forcément se le demander et les choses se font naturellement. C’est aussi un bon moment pour partager nos expériences.
Ce soir-là nous nous endormons au rythme des musiques disco d’un camping situé non loin de notre campement.

Bivouac chez les nudistes !

Bivouac chez les nudistes !

Nous nous réveillerons le lendemain matin avec tout juste le temps de rassembler nos affaires avant avant que la pluie n’arrive.
Nous avons comme objectif pour la journée de rejoindre Yoann un très bon ami à moi  qui travaille pour la période estivale à Arcachon. Nous pensions arriver en milieu d’après-midi. Mais la carte était trompeuse… puisque jusqu’à Arcachon elle était toute verte de landes. Peu de routes étaient indiquées, seulement des grands axes, pour nous il nous restait moins de 80 km. Ce seront en fait plus de 130 km… Arrivés à presque 20h00 à Arcachon nous nous mettons à genoux au panneau d’entrée de la ville et rejoignons Yoann tout juste sorti du boulot. Il nous accueille dans une maison qu’il partage normalement avec un colocataire absent à cause d’une blessure. Du coup on se retrouve avec un vrai lit !
Exténués, nous passons tout de même une bonne soirée ensemble. Malheureusement mon ventre commence à se fait sentir…

Arrivée à Arcachon

L’arrivée à Arcachon

La grasse mat’ prévue s’est rallongée. En effet mes douleurs de la veille se sont confirmées. Un peu de repos c’est donc imposé. Par chance, ce sera la journée la plus pluvieuse du voyage. On en profite pour rafraîchir la mécanique de nos vélos et par la même occasion nos coupes de cheveux !

Coupe avant-après

Coupe avant-après

(La suite c’est par-là)