Afrique du Sud

“Where are you going ? – Where do you go ? – Where to ?”. Combien de fois ai-je entendu ces paroles sur mon chemin. “Cape Town, South Africa”, leur répondais-je. Qui l’eût cru, sans quitter une seule fois le niveau de la terre ou de la mer, mon vélo m’a accompagné à travers 23 frontières avant d’arriver à celle de l’Afrique du Sud.
J’entre dans ce nouveau pays le samedi 16 avril 2016. Sans paperasse, l’officier des douanes tamponne mon passeport d’un “visa” gratuit d’une durée de 90 jours.

De la Namibie à l’Afrique du Sud, le désert se suit. La route principale fuit dans l’horizon en traçant une ligne sans fin.
D’après le récit d’autres voyageurs, j’avais une idée d’où je posais les pieds. Ils disent en général que malgré l’ambiance spéciale, entre les différentes ethnies, qui plane sur le pays, l’accueil est en général bon.
Ma première expérience est différente sur un point. Arrivé à la première ville, Steinkopf, je pensais trouver facilement un endroit où dormir. En fait je découvre que la ville est peuplée à 95% de « coloured », les métisses. Ici, les villes et villages sont souvent peuplés d’une couleur dominante. À Steinkopf je me sens définitivement différent et ils me le font comprendre. Dans les rues, certains ricanent à mon passage et me pointent du doigt. À deux reprises, deux voitures différentes jouent avec moi en me fonçant dessus et en déviant au dernier moment. Perplexe, je décide de prendre du recul autour d’un soda acheté dans une épicerie. J’aime en général m’arrêter là afin de prendre la température des lieux. Un groupe de jeunes arrive à mon niveau, curieux de mon équipement. Ils sont gentils et me posent tous des questions. Je suis tout de même sur mes gardes. Un rasta arrive et dit ouvertement de faire attention à ces gars. Ma réponse est tranchante, je dégaine ma hachette en leur expliquant qu’elle serait ravie de couper les mains trop curieuses. Leur étonnement m’ouvre le passage pour sortir de la ville.
Je trouve refuge pour la nuit sous un pont. Marguerite, vache maigre et solitaire, maître des lieux, veille sur moi et ma tente.

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Je descends la route principale jusqu’à Springbok où j’envisage de bifurquer ensuite vers le désert afin de me diriger vers le festival AfrikaBurn.
En finissant mes courses, je rencontre trois anglais voyageant eux aussi à vélo (MoJo). Ils viennent de quitter il y a une semaine le Cap en direction de l’Éthiopie. « Mojo » réfère à Mobile Journalism. Leur projet est de produire à l’aide de leur simple Iphone des documentaires courts pour partager ce que des gens ordinaires ont mis en place afin d’aider leur communauté ou la planète. Tout ça, bien entendu dans un humour très british.
Ils me font sourire et me rappellent mes débuts il y a un an. Leur matériel est neuf, sans écorchures. Leur peau est claire, leur barbe est maîtrisée, leurs cheveux sont coupés court. À part quelques rustines, l’aventure n’a pas encore laissé de traces sur eux.
Nous passons la nuit ensemble dans un camping. Ce soir c’est braai, cette fois-ci végétarien. Ça change des kilos de viande que j’ai pu consommer en Namibie.

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Je quitte mes compères après avoir fait le plein en eau, comptant en tout neuf bouteilles, soit un total d’environ 16 litres. Je retrouve la piste après avoir franchi les montagnes. Cette fois-ci il n’y a plus de touristes comme en Namibie, chaque goutte d’eau est précieuse.

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Je suis content de me retrouver dans de grands espaces tout seul. Il faut le dire que je reste un peu perplexe sur la population sud-africaine, qu’elle soit noire, blanche ou métisse. Je n’ai pas encore assez d’éléments pour savoir où j’ai mis les pieds.

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Ici, tout est clôturé, impossible de sortir de la piste pour poser ma tente. Des moutons pâturent dans les grands espaces. Cette nuit-là je suis obligé de frapper à la porte d’une ferme pour trouver refuge. Pion, fermier Afrikaner m’accueille. Il vit seul ici et à l’air content d’avoir de la compagnie.
Curieux d’en savoir plus sur les terres que j’explore, je lui pose des questions sur sa vision des choses. Il me dit qu’il regrette l’apartheid. Selon lui c’était plus simple, chacun vivait de son côté et tout le monde avait du travail, toutes couleurs confondues. Ses paroles sont parfois très crues sur la différence qu’il fait entre blancs et noirs. Je ne suis qu’un étranger, je ne peux pas juger. Ça me rappelle de loin la Palestine et l’Israël.

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En repartant le lendemain, l’orage gronde dès le matin. Il s’approche de plus en plus de moi. C’est assez stressant de voir les éclairs venir dans sa direction et qu’autour de soi rien n’est plus haut que des buissons. Je décide donc de m’asseoir au sol pour ne pas me faire griller. Avec ironie, je prends un second petit déjeuner copieux. On ne sait jamais, c’est peut-être mon dernier repas. Ce serait trop bête de mourir le ventre vide !

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Heureusement, après deux éclairs très proches, l’orage passe. Je continue ma route entre sable et gravier, fermé à droite comme à gauche par grillages et barbelés. J’avance à bonne allure quand je vois un jeune springbok (sorte de gazelle). Apeuré, il essaye de s’échapper et fonce tête baissée dans une clôture. Il rebondit sous le choc en arrière et part dans un enchaînement de vrilles et galipettes, prit d’une certaine folie. Je ne sais pas quoi faire et j’assiste désœuvré à ce terrible spectacle. Au bout de quelques minutes il se calme, je m’approche et touche son cœur qui bat la chamade. Je le prends dans mes bras pour le calmer. Son regard est vide, seuls les spasmes le font bouger, du sang coule de son nez. Son pouls ralenti, de plus en plus. Le rythme s’affaiblit jusqu’à que résonne au bout de dix minutes son dernier battement de cœur. Me voilà en plein milieu de nulle part avec un animal mort dans mes bras, un corps sans vie, encore chaud. Triste et énervé par ces grillages qui tuent tant d’animaux sauvages au profit des êtres humains.
À vélo, combien de cadavres de serpents, de chiens, de chameaux, de chevaux, de tortues ai-je vu déchiquetés, aplatis et en train de pourrir en bord de route ? N’ayant pas envie d’imaginer ce springbok se décomposer dans le fossé, je creuse un trou à l’aide de ma popote et le recouvre de pierres.

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Pendant trois jours je continue ma descente sur des pistes de tôles ondulées. Je crève plusieurs fois. Les premières rustines collées il y a six mois sont devenues sèches et décomposent maintenant la chambre à air.

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J’ai emprunté cet itinéraire dans le désert afin de rejoindre Calvina, dernière ville avant Tankwa Karoo où se trouve le festival Afrikaburn !
Étant en avance, je reste trois jours à Calvinia pour faire le plein d’énergie. Je rencontre Betsie qui travaille dans un supermarché et qui m’accueille gentiment dans la fraîcheur du début de l’hiver austral. J’y rencontre aussi Sonja, propriétaire d’un lieu atypique nommé Republic of Rustica. Avec son mari Dirk, ils collectent toutes sortes d’objets afin de les transformer en arts et décoration. Un vrai bordel organisé comme je les aime. Dirk n’est pas là, il prépare avec son fils des tentes de 100m² pour Afrikaburn. Nous échangeons longuement avec Sonja et elle me donne un collier, ma mission est de retrouver son mari dans les quelque 12 000 participants et de le lui offrir. Je sens déjà l’énergie de cet événement grandir en intensité à chaque pas que je fais.

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Qu’est-ce donc Afrikaburn ? Connaissez-vous Burning Man ? Ce festival aux États-Unis, dans le désert de Black Rock au Nevada. Le principe de ce genre de festival est de vivre pendant une semaine une expérience unique, au milieu de nulle part et déconnecté de la réalité. Autosuffisance, partage, art, participation… sont quelques-uns des maîtres mots de cet événement.
Alors qu’aux États-Unis le prix d’entrée est de plusieurs centaines de dollars, en Afrique du Sud le prix normal du ticket coûte à peine 80 dollars. Culottés comme je suis, j’ai demandé quelques semaines avant si je pouvais avoir une entrée gratuite puisque j’arriverai à vélo. Leur philosophie est que tout le monde doit participer, donc pas de ticket gratuit mais ils proposent des prix réduits pour étudiants ou temps partiels. Je réponds alors à un questionnaire et au moment où je dois envoyer une copie de mon dernier bulletin de salaire, je leur envoie la photo ci-dessous, déguisé en Super Man avec les moyen du bord. Résultat, ils m’envoient un code promo et je paye seulement 30 € pour une semaine de folie !

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Avant d’arriver sur les lieux j’ai tout de même une bonne journée de piste dans le désert. Je pars au petit matin, la route principale bifurque dans un chemin poussiéreux. Déjà, je vois de sacrés personnages dans des voitures surchargés de déguisements, de décors, de nourritures, d’alcool…
Le festival n’a toujours pas commencé officiellement, mais de nombreuses personnes sont déjà sur place depuis plus d’un mois afin d’organiser un monde à part au milieu de nulle part. On est dimanche, les portes ouvrent demain à 9h00, seuls les participants munis d’un ticket spécial peuvent rentrer aujourd’hui.
Les voitures s’arrêtent en général et sont étonnées de me voir à vélo. Ils m’offrent bien souvent des bières et parfois de la nourriture. Cette fois-ci je n’avale pas à l’aveuglette. J’ai bien failli ! En effet, un brownie m’a une fois été offert généreusement. Alors que je salivais déjà à l’idée de m’engloutir le gâteau d’une seule bouché, je regarde plus près et remarques quelques pépites vertes dans le chocolat. Une sorte d’herbes aromatiques si vous voyez ce que je veux dire… Je le range pour le moment, il pourra être utile plus tard, mais pas maintenant ! Je dois encore morde la poussière pour quelques heures.

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Je pensais camper en bord de route afin d’entrer demain matin, mais mon rythme m’a emporté aux portes du festival en fin de journée. Mon ticket n’est valable qu’à partir de lundi, mais je vais tenter le coup.
En quittant la piste principale, il faut encore quelques kilomètres avant d’arriver aux abords de Tankwa Town, cette ville éphémère. Je vois au loin de géantes structures de bois entourées de tentes plus colorées les unes que les autres. Il y a déjà beaucoup d’ambiance.

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J’arrive finalement à l’entrée, on me demande mon ticket spécial afin d’entrer en avance. Je ne l’ai pas. L’argument « arrivé ici depuis la France à vélo » m’aide un peu et on me remet un bracelet en tissu rose « AFRIKABURN 2016 ». Et c’est parti pour 10 jours de folie ! Un panneau nous l’annonce dès le début qu’on sort du territoire Sud-Africain, un deuxième nous accueille dans la Zone Autonome Temporaire de Tankwa Town.

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Avant d’entrer officiellement sur les lieux, tout nouveau « burner » (participant d’Afrikaburn) doit sonner les cloches pour signaler son arrivée. J’y rencontre un couple de soixantenaire venu avec leur van Volkswagen décoré de fleur et de symboles hippies. Ils ont l’air déjà bien perchés, ça annonce la couleur. Des enfants jusqu’aux grands-parents, du chien à la licorne, du banquier au vagabond, ici tout le monde est à sa place. Nous sommes à la fois tous acteurs et spectateurs, la limite est seulement celle que l’on se donne. Pendant une semaine tout le monde est « déconnecté », pas de réseau, pas de wi-fi, afin de mieux se connecter dans le moment présent.

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Une fois avoir signalé mon arrivée, je me dirige un peu perdu dans les allées de Tankwa Town. La ville est organisée en allée représentant 11 mois de l’année. Je ne sais pas où aller, je décide donc de trouver Dirk le mari de Sonja afin de lui donner le collier qu’elle m’a confié. Ah oui j’ai oublié de préciser que j’avais un message à lui délivrer. Étant donné que Sonja ne peut pas venir cette année, j’ai la mission de lui dire « He cans fuck with anyone ! ». Autant vous dire que c’est d’essayer de trouver une aiguille dans une botte de foin. Je connais tout de même les traits de son visage grâce à une peinture réalisée par elle et qu’il séjourne dans une immense tente rouge. Ça commence bien !

Cette tente rouge je ne la trouverai pas ce soir, mais par chance je suis reconnu comme « regarde c’est le fou à vélo ! ». Je retrouve Arthur et Claudia, rencontré plus tôt. Ils m’avaient offert une bière et maintenant ils m’offrent de poser ma tente dans leur camp. En effet beaucoup organisent des camps à thème ou non. J’aide donc à monter une immense tente et à fixer le drapeau du nom de leur groupe et maintenant du miens « Meerkat », ça sera utile pour se retrouver.

Les jours qui suivent sont un festival de couleurs, de sensations, de rencontres et d’expériences incroyables. Je fais la connaissance d’énormément de mondes, on me reconnaît plusieurs fois avec mon vélo. Je suis adopté par plusieurs camps et je n’ai jamais le temps de m’ennuyer.
Tout le monde m’offre nourriture et boisson. L’échange monétaire est interdit, tout le monde partage. Certains camps sont même dédiés à ça. Les Aliens offrent le café le matin, pour les plus patients du cappuccino. Les Purple Power font sauter des crêpes. Le camp des nudistes vous douche au tuyau d’arrosage, une fois avoir fait tomber le pantalon bien sûr. Plus loin c’est la tequila qui coule à flots. Mon endroit préféré était un camp qui offrait 2 litres d’eau par jour et par personne pour une douche avec vue sur l’immensité du désert. Ensuite un massage était offert. Le meilleur pour moi reste le massage de pieds pendant 45 minutes ! J’avais honte de les présenter après ce qu’ils avaient enduré la dernière année, mais la femme a insister pour me l’offrir. Je n’ai jamais vu quelqu’un prendre autant son « pied » à le faire.
Parfois certaines personnes offrent des performances artistiques : théâtre, jonglage, danse…

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Ce qui est impressionnant ce sont ces immenses structures, véritables œuvres d’art réalisées par des artistes bénévoles. La plupart sont destinés à être brûlée au soir tombé. Des milliers de personnes se retrouvent autour alors qu’elles prennent feu par des moyens pyrotechniques divers : lance-flamme, explosifs ou simples bûchers.

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Il y a aussi les « Mutant Vehicules », ce sont voitures, motos, bus et autres qui sont transformés à la Mad Max.

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Il y a bien entendu la musique, tous les styles y sont représentés, mais c’est surtout l’électronique qui est représentée. Il n’y a pas qu’une seule fête à la fois, à chaque coin les basses sonnent et vous font bouger jour et nuit. Malgré toutes les substances possibles et inimaginables qui tournent, l’ambiance reste bon enfant. Pas une seule fois j’ai vu un brin de violence.

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Un des moments les plus magiques est les couchers de soleil. Tout le monde se tourne alors vers l’ouest et admire les dernières lueurs du jour. Puis les étoiles prennent place dans ce ciel pur, sans humidité. Nous sommes en fin avril début mai, nous nous trouvons ainsi au début de l’hiver austral. Les nuits sont parfois très froides. Je pars même danser avec mon sac de couchage. Style assuré !

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Au niveau vestimentaire, certaines personnes ont mis le paquet. Dans ma garde-robe, ce ne sont que des bouts de tissus pas très colorés et usés par le soleil et la poussière qui s’y trouvent. Bien entendu, ici tout le monde m’habille et m’offre de quoi me colorer.

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En tout je reste 10 jours dans ce lieu hors du temps. Je ne connaissais personne à mon arrivée, mais ça ne m’a pas empêché de me faire un tas d’amis. Je crois même qu’être tout seul était la meilleure chose qui pouvait m’arriver.
Beaucoup d’expériences pourraient encore être racontées, mais je manque de mots pour expliquer ces moments. De toute façon elles perdraient leur valeur à l’écrit. Une seule façon pour les découvrir, allez vous perdre l’année prochaine dans le désert de Tankwa Karoo afin de mieux vous retrouver !

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Une belle façon de conclure ma traversée africaine, non ? Il y a tout de même encore plus de 300 km afin d’atteindre le Cap. Beaucoup me proposent de mettre mon vélo sur le toit de leur voiture, mais borné comme je suis, je ne peux que le faire à vélo.
Afin d’éviter d’être dans un nuage de poussière constant créé par les milliers de véhicules sortant du désert, je décide de rester deux jours de plus. Certains resteront plusieurs semaines afin de ne laisser aucune trace de notre passage « Leave no Trace ». Ma tente se retrouve toute seule alors que tout le monde est reparti dans le « Default World ». La chose que tout le monde craint est de se reconnecter et de recevoir des milliers de messages sur leur téléphone. Certains me disent qu’ils attendront 24h avant de rallumer leur smartphone.

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Je quitte de ce monde à part avec beaucoup d’inspiration et de nouvelles idées. Je prends deux jours pour sortir du désert. Une bonne manière de revenir à la « réalité » sans précipitation. Le vent de face et la terrible tôle ondulée créée par les milliers de voitures me donnent du fil à retorde. Plusieurs fois des voitures me proposent de m’emmener. Même si mon corps et mon esprit n’en peuvent plus, je préfère avancer par moi-même.

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Enfin le bitume revient. Je passe une montagne m’amenant de paysages arides à des paysages alpins. Il fait déjà plus frais et tout est vert. Ça avait manqué à mes yeux de la même couleur.

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De retour dans la civilisation, je peine à trouver un endroit où dormir. J’essaye d’entrer en contact avec la population, mais ça semble compliqué. À Ceres, où j’arrive en fin de journée, je remarque vraiment la différence entre pauvres et riches, des bidonvilles aux résidences à la Desperate Housewife.
Il est trop tard pour moi de sortir de la ville et d’essayer de trouver un endroit où camper en bord de route. En demandant à droite à gauche, j’arrive devant une maison avec un panneau « B&B ». Une femme arrose ses plantes, je lui demande si elle a un garage ou un jardin où je peux poser ma tente. En réponse elle me propose une chambre que je peux payer à moitié prix, 50 rands soit 3-4 €. Je n’ai que 35 rands dans ma poche, elle accepte et je me retrouve dans un lit douillet pour la nuit. Je prends ma première vraie douche depuis deux semaines. L’eau cristalline qui sort du pommeau arrive marron à mes pieds.

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Une fois les montagnes passées, j’arrive dans la région vignoble du Wester Cape, connue pour ses vins de qualité. Mon futur séjour au Cap me permettra d’en goûter une variété et d’aller visiter certains vignobles.
Au loin je vois déjà Table Mountain, le massif surplombant la ville du Cap. J’ai du mal à y croire, le bout de l’Afrique semble maintenant à portée de quelques coups de pédale. Les bornes kilométriques me le confirment.

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Avec émotion j’arrive finalement à destination. Je retrouve Richard, rencontré à Afrikaburn. Il vit dans le quartier de Table View. Je découvre mon hôte d’une tout autre manière qu’au festival. Il est astronome et grand fan de vélo. Le lendemain, nous partons donc visiter la ville sur deux roues. Green Point, Sea Point, Camps Bay, Lion’s Head … Toujours avec la magnifique vue entre Table Mountain et l’océan Atlantique.
Je découvre avec lui aussi le vin et le fromage du coin. Si je ferme les yeux je pourrais me croire en France.

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Quelques jours de repos chez lui, puis je me dirige dans le quartier de Gardens où Sheree, rencontrée aussi à AfrikaBurn, vit dans une grande maison. Elle a créé un univers très sympa dans cette maison au style colonial. Elle loue plusieurs chambres via AirBnb. En général ce sont des jeunes étrangers qui viennent étudier ou travailler au Cap pour plusieurs mois ou années. La meilleure ambiance du coin se trouve dans cette maison !
Sheree vit avec son fils Sam. Elle est propriétaire avec deux autres partenaires d’une école de surf et de plusieurs surf-houses. Ces dernières sont des genres d’auberges de jeunesse pour les surfers, kite-sufers et autres venus des quatre coins de la planète pour profiter du vent ou des vagues de la pointe sud-africaine.
Étant une ancienne voyageuse en sac à dos, elle m’offre de dormir dans le canapé ou dans les chambres vides entre deux locataires.

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Plusieurs fois dans mes récits j’ai parlé d’Olivier Rochat (Bike For Afrika) qui fait le tour de l’Afrique à vélo. Il m’a été d’une aide précieuse en me donnant plusieurs fois des informations sur les pays que j’allais traverser. Nous ne nous sommes jamais rencontré en chair et en os, mais nous sommes au fil du temps devenu de très bons amis. En effet, je n’ai pas beaucoup de connaissances qui vivent comme moi la vie sur la route en Afrique. Les bons moments mais aussi les moments de galères qu’il est difficile d’expliquer si on ne les vit pas. Avec Olivier, pas besoin de grands discours pour se comprendre.
Quand je suis arrivé au Caire en Égypte, il avait déjà passé les pyramides il y a 9 mois. L’histoire « drôle » est que je suis arrivé au Cap deux semaines avant lui. Son itinéraire a été plus en zig zag que le miens.

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J’ai décidé de l’attendre pour rejoindre le Cap de la Bonne Espérance. Quelques jours plus tôt j’ai rencontré Peter, un Danois qui arrivait du Kenya, lui aussi à vélo.
Après une soirée bien arrosée avec plusieurs amis, nous partons, Olivier, Peter et moi vers ce fameux Cap de la Bonne Espérance.
La route est magnifique, parfois à même creusé dans les falaises tombant à pique dans l’eau glaciale turquoise.

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Partis un peu tard, nous n’atteindrons pas la pointe sud ce soir. Au culot nous demandons à une famille si nous pouvons planter nos tentes dans leur jardin en bord de plage à Misty Cliffs. Le hasard de la route nous fait rencontrer une personne que Peter avait déjà croisée en Namibie. Nous sommes conviés à partager un repas copieux et dormir à l’intérieur avec une vue magnifique sur la plage.

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Nous arrivons finalement avec bonne humeur à Cape Of Good Hope. Beaucoup pensent que c’est la pointe la plus au sud du continent africain, mais en réalité cet endroit se trouve à quelque 200 km, au Cap des Aiguilles où se rencontrent l’océan Atlantique et l’océan Indien. Celui-ci sera pour plus tard, pour l’instant on essaye de se faire une place entre les touristes Chinois pour marquer la fin de la traversée de notre aventure africaine. Bon… Olivier lui doit remonter le continent jusqu’au nord maintenant !

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C’est encore dans une bonne ambiance que nous retournons tous les trois au Cap. Puis nous nous séparons.

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Peter rentre en avion chez lui au Danemark. Olivier reste avec moi deux jours où nous grimpons Table Mountain qui culmine la ville à 1000 mètres d’altitude, ensuite il reprend la route vers la Namibie.

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De mon côté je reste au Cap. Mon rêve est maintenant de trouver un voilier pour traverser l’Atlantique et pédaler en Amérique du Sud. Le problème est que la saison pour les traversées vient de finir. Elle recommencera octobre prochain. Je ne perds pas espoir et tente le coup.
Sheree a des contacts au Royal Cape Yatch Club, une marina de réputée internationale, remplie de voiliers.
J’y rencontre un capitaine, son nom est John, son voilier en aluminium Tinorca, il prévoit de partir d’ici 4-5 mois dès que les vents seront de nouveau favorables. Le contact est bon, on se propose de se retrouver en octobre à mon retour du Botswana. En effet je pars bientôt pour trois mois au Botswana afin de travailler dans le bush en tant que traducteur en safari !

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